Illustrations d'amphores étrusques

      Amphore Py4, épave Grand Ribaud F. Dessin J. Cerda Amphore Py4A, isolée, Saint-Raphaël. Dessin A. Durel Amphore Py5, épave de Bon Porté 1. Dessin M. Rival/CNRS ;    



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Illustrations d'amphores gréco-italiques

     Amphore Gréco-italique ancienne, épave Grand Congloué 1. D’après Benoît 1960  Amphore Gréco-italique récentes, épave Héliopolis 2 . Dessin L. Long Amphore Gréco-italique récentes, épave Chrétienne C. D’après Joncheray 1975 Amphore Gréco-italique récentes, épave Ciotat A. D'après Benoit 1960     



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Illustrations d'amphores Dressel 1, A, B, C

     Amphore Dressel 1A, épave de l’Ilot Barthélémy A. Dessin A. Durel
Amphore Dressel 1A, épave de l’Ilot Barthélémy A. Dessin A. Durel
Amphore Dressel 1C, épave de Cavalière 1. Dessin Chr. Dubois
Amphore Dressel 1C, épave de l’Ilot Barthélémy A. Dessin A. Durel    



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Auteurs du glossaire


A
separateur
Accastillage
Allonges
Anguillers
Amphores
    - africaines
    - de Bétique
    - étrusques
    - grecques
    - italiques
    - massaliotes romaines
    - de Tarraconaise
Artémis
Aryballe
Aspi. à sédiments à air
Aspi. à sédiments à eau

B
separateur
Babord
Barrot
Banc de mât / étambrai
Bateau
Batelier
Batterie
Bellarmine
Blaster
Bordage
Bordage de bouchain monoxyle
Bordé
Bordé à franc-bord
Bordé monoxyle de transition
Bouchain
Brion
Boulet ramé
Bouteille à passant
Bucchero Nero

C
separateur
Calfatage
Can
Canthare
Carène
Carlingue
Carlingot
Céramiques fines
    - étrusco-corinthiennes
    - à vernis noir
    - luisantes
    - à parois fines
    - sigillée
Céramiques communes
    - africaines de cuisine
    - étrusques
    - grises rhodaniennes
    - kaolinitiques
Chaland
Charpente longitudinale
Cheville
Clapage
Compas
Connaissement
Construction monoxyle assemblée
Construction sur bordé
Construction sur couple
Construction sur sole
Coque
Couple
Courbe
Cuisson
Culasse
Culer

D
separateur
Davier
Dendrochronologie
Dendrologie
Dionysos
Dolium
Dotation de bord

E
separateur
Eduens
Empennage
Emplanture
Engobe
Enture
Epigraphie
Epissoir
Epontille
Estampille / Timbre
Étambrai
Étambot
Étrave

F
separateur
Foureau d'étambrai

G
separateur
Galbord
Genoux
Gentilice
Glaçure
Gournable
Goudron
Graffiti
Guillochis
Gréement

H
separateur
Halage
Hallebarde
Hélice
Hauban

I
separateur
Iconographie
In planta pedis

J
separateur
Jas d'ancre
Jolly Roger

K
separateur
Kiosque
Kylix

L
separateur
Lagynos
Lampe à huile
Lance à eau
Lazaret
Lest
Lutage

M
separateur
Magnetomètre
Mât / Mât de halage
Membrure
Mobilier
Monoxyle
Mortaise
Mortier
Mouillage
Muraille

N
separateur
Navire

O
separateur
Œnochoé
Œuvres mortes
Œuvres vives
Olpè

P
separateur
Pelle de gouverne
Pelvis
Perche de sonde
Pierre de touche
Photogramétrie
Plat-bord
Poix
Pompe de cale
Pont
Preceinte
Prospection géophysique
Protomé
Poupe et proue
Pyxide

Q
separateur
Quarantaine
Quille

R
separateur
Rablure
R.O.V.
Ribord

S
separateur
Saumure
Sentine
Silène
Situle
Skyphos
Sole
Sous-marin
Stratigraphie
Submersible

T
separateur
Taret
Tegula, Tegulae
Tenon
Tenons et mortaises (assemblage)
Tituli Picti
Toupin
Tourelle
Tourelle de plongée
Trait de Jupiter
Tribord
Tumulus

U
separateur

Urinatores

V
separateur
Vaigre / Vaigrage
Varangue
Varangue-emplanture
Virure

X
separateur
Xylologie



A

Accastillage (n.m.)

Ensemble des équipements placés sur le pont d'un navire ou dans le gréement. Ces objets sont liés soit au système de propulsion (mâture, voilure) et à celui de direction (gouvernail), soit aux équipements utiles à la navigation, autrement appelés « apparaux » (ancres, guindeau, cabestan, gouvernail, pouliage…), soit encore à la pompe de cale. Ils nous apportent de nombreux renseignements concernant le travail et les conditions de vie à bord.

Allonges (n.f.)

Pièces de bois qui prolongent les varangues ou les genoux et qui composent les couples d'un navire.

Amphore (n.f.)

Table de Dressel Vase en céramique à deux anses utilisé dans l’Antiquité pour le transport et le stockage de différentes marchandises
L'amphore est un vase à deux anses, en céramique, principalement utilisé dans l’Antiquité comme conteneur pour le transport maritime et fluvial de différentes marchandises, en particulier du vin, de l’huile d'olive et des sauces de poissons. Dans certaines amphores, notamment celles à vin et à sauce de poisson, on verse à l'intérieur de la poix liquide, de manière à former un film imperméable et les rendre plus étanches.
D'usage extrêmement courant, les amphores sont souvent jetées dès que leur contenu est consommé. Elles sont parfois réutilisées, par exemple comme canalisation, ou pour ménager un vide sanitaire ou encore comme cercueil pour les sépultures d'enfant. Comme tous les objets en céramique, les amphores se cassent facilement mais sont fabriquées dans un matériau quasiment indestructible. La reconstitution de l'histoire de l'évolution des formes d'amphores a débouché sur des classements typologiques qui correspondent aussi à une chronologie. Dans le classement typologique, les amphores portent des noms et une numérotation. Ces noms renvoient souvent aux savants et aux chercheurs qui ont établi la chronologie (Dressel, Pascual, Keay) ou à l'origine de l'amphore (Etrusque, Gauloise). L’amphore fait son apparition en Occident dans le courant du VIIIe siècle av. J.-C. Elles portent souvent sur certaines parties (anse, col, panse) des marques peintes, des estampilles gravées ou imprimées. Ces inscriptions peuvent fournir plusieurs informations : l’origine, le contenu, la capacité, la provenance, la quantité, la datation, les noms du propriétaire, des marchands ou des officines. La typologie la plus célèbre est celle établie par H. Dressel, éminent épigraphiste de la fin du XIXe siècle, à partir des amphores romaines découvertes à Rome. La « table de Dressel » est encore aujourd’hui la base de toutes les typologies amphoriques.

Amphores africaines

Amphores produites par différents ateliers de la côte africaine septentrionale. Exportées en faible quantité dès la période hellénistique, elles sont omniprésentes en Méditerranée occidentale entre le IIIe et le VIIe siècle ap. J.-C. et sont principalement utilisées pour le transport de sauces de poissons et d'huile d’olive.

Cette très vaste et complexe production concerne plusieurs régions de l’Afrique septentrionale antique. La transition avec les amphores dites puniques, produites souvent dans les mêmes zones, est généralement placée après la destruction de Carthage en 146 av. J. -C., c’est à dire après la conquête romaine. Les premières amphores à être considérées comme des productions africaines romaines sont celles dites tripolitaines anciennes, présentes en très faible quantité sur les sites côtiers de Méditerranée occidentale et dans les épaves de Punta Scaletta en Italie, Camarat 2 et la Jaumegarde B sur la côte provençale. Toutefois, lorsque l’on parle d’amphores africaines, on se réfère principalement aux productions de l’époque impériale et plus spécialement aux conteneurs produits à partir du II siècle . ap. J.-C.

La pâte céramique des productions africaines la plus commune est à dominante orangée, orange rosé ou rouge brique, assez fine et dure, et présente des surfaces extérieures de couleur crème ou jaune. Cette pâte est la plus typique des ateliers tunisiens. Une autre pâte céramique facilement reconnaissable est celle des productions de la région de Tripoli (actuelle Lybie), de teinte rouge brique au cœur et grise avec de nombreuses inclusions blanches.

Une des premières classifications de ces amphores, qui fait toujours référence, est celle proposée par Clementina Panella en 1973 à partir des données de fouilles de la cité romaine d’Ostie en Italie. Cette classification a été complétée par la typologie établie par Simon Keay en 1984, à partir de contextes catalans, et reprise par Michel Bonifay en 2004. Ce dernier ouvrage a en particulier affiné nos connaissances des productions les plus tardives et des divers ateliers de la Tunisie actuelle, il propose de scinder la production africaine en quatre séries typologiques:
1. Amphores africaines de tradition punique;
2. Amphores africaines cylindriques de tradition gréco-romaine;
3. Imitations africaines d’amphores non-africaines;
4. Amphores africaines globulaires de tradition byzantine.

Amphores africaines puniques

Amphore africaine Tripolitaine II Elles se distinguent par l’emplacement des anses sur l’épaulement du corps cylindrique, trait caractéristique fidèle à la tradition punique. La pâte céramique est souvent orange à surface extérieure blanche. La forme la plus fréquente en Occident est la Tripolitaine II, diffusée de la fin du Ier s. jusqu’au milieu du IIIe s. ap. J.-C. Plusieurs types de contenus sont suggérés : huile, vin ou sauce de poissons.

Amphores africaines gréco-romaines

Le corps reste cylindrique mais les anses sont placées sur le col, suivant la tradition gréco-romaine. Cette famille est la plus importante et réunit les types les plus communs et les plus diffusés de la production africaine. Les formes et les variantes sont très nombreuses. Les formes les plus fréquentes, notamment dans les épaves, sont :

Amphores Tripolitaines I et III

Amphore africaine Tripolitaine IProduites dans la Tripolitaine antique (Tunisie sud-orientale et régions de Sabratha, de Tripoli et Leptis Magna en Libye) entre le Ier et le IVe s. ap. J.-C., ces amphores étaient probablement destinées au transport de l’huile.

Amphores Africaines I et Africaines II

Amphores africaines I et II Les Africaines I sont des conteneurs cylindriques de dimension modeste (96-99 cm de hauteur pour 30-33 cm de diamètre), diffusés entre le IIe et le IIIe s. ap. J.-C. On reconnaît trois variantes (Africaines IA, IB et IC), distinguées selon le profil du bord et qui se succèdent chronologiquement. Les Africaines II sont des conteneurs de plus grandes dimensions (95-120 cm de hauteur, pour 28-45 cm de diamètre) produites durant une longue période, entre le IIe et le IVe s. ap. J.-C. Les lèvres changent de manière significative, tout comme les corps, qui tendent à s’allonger. Ces variantes ont donné lieu à quatre sous-groupes (Africaines IIA, IIB, IIC et IID), qui se succèdent dans le temps. Les Africaines I étaient destinées au transport de l’huile alors que le contenu des Africaines II est plus varié et souvent difficile à déterminer : sans doute autre chose que de l’huile les Africaines IIA et probablement des sauces de poisson pour les Africaines IIC et IID. Leur production était répartie dans plusieurs ateliers de la Tunisie actuelle : principalement à Salakta (Africaines IIA), Hadrumète (Africaines IIB), Nabeul (Africaines IIC), Leptiminus (Africaines IID).

Amphores Africaines III ou Keay 25.1-3.

Amphores africaines III Keay25Michel Bonifay a réuni les trois principaux sous-groupes du type définit par Simon Keay (Keay 25) dans le type Africaines III (Africaines IIIA, IIB et IIC). Cette série de conteneur de dimensions moyennes (100-110 cm de hauteur, pour 25-28 cm de diamètre) prend la suite des Africaines II à partir la fin du IIIe jusqu’à la première moitié du Ve s. ap. J.-C. Les trois variantes principales sont déterminées selon le profil du bord et, dans une moindre mesure, par le profil du pied. Les trois types se succèdent chronologiquement. Il s’agit d’amphores poissées, donc probablement destinées à contenir du vin ou des sauces de poissons, toutefois, des noyaux d'olives ont été trouvés dans des amphores Africaines IIIC de l'épave Dramont E. Elles sont produites principalement dans des ateliers de la côte ouest de la Tunisie (dans les anciennes régions de Byzacène, Zeugitane et à Nabeul) mais aussi en Algérie dans le cas des Africaines IIIA. Des rares timbres, souvent des cercles ou des points disposés en cercles, sont connus sur le col des africaines IIIA et B.

Amphores Africaines tardives de grandes dimensions

Amphores africaines tardives Keay27Il s'agit d'un ensemble très hétérogène qui réunit de nombreux types qui ont en commun leurs grandes dimensions, un corps cylindrique et une chronologie tardive, entre la fin du IVe et le VIIe s. ap. J.-C. Le type Keay 27, présent dans l’épave Pointe de la Luque 2, est divisé en deux variantes A-B selon le profil des lèvres, et est très probablement produit dans les ateliers de la Tunisie Nord-occidentale. Diffusées entre la seconde moitié du IVe s et, surtout, dans le courant du Ve s. ap. J.-C., leur contenu est incertain, peut-être de l'huile mais aussi d'autres produits, certains exemplaires étant clairement poissés.

Imitations africaines d’amphores non-africaines

Les phénomènes d’imitations de formes d'amphores caractéristiques d'autres régions, très fréquente dans le monde antique, se limite pour les ateliers africains à quelques types seulement.

Amphores Dressel 30 africaines

Amphores Dressel 30 africainesAmphores à fond plat imitant le type gaulois et produites principalement en Algérie (ancienne Maurétanie Césarienne) mais aussi par d'autres ateliers africains, notamment en Tunisie. Deux variantes sont connues et sont distinguées par le profil de la lèvre : amphores Keay 1A et 1B. Les premières (Keay IA) imitent clairement les amphores de type Gauloises 4 et est diffusée dans le courant du IIIe s. ap. J.-C. Les anses portent souvent des timbres en latin mentionnant la province de Mauretania Caesariensis et les villes de Tubusuctu/Tiklat or Saldae/Bougie. Les secondes (Keay 1B) ont une lèvre haute, en bandeau, et ne portent pas de timbres. Leur diffusion se prolonge au IVe s. ap. J.-C. Le contenu principal des Dressel 30 semble être le vin et non pas l'huile comme on l’avait cru dans un premier temps.

Amphores de Bétique

Amphores produites par de nombreux ateliers de la province romaine de Bétique (Andalousie actuelle). Elles transportent les trois produits-clés de Bétique : des salaisons et autres sauces de poissons, de l’huile d’olive et, dans une moindre mesure, du vin. Exportées en faible quantité dès la période tardo-républicaine elles, sont omniprésentes en Méditerranée occidentale entre le Ier et les IIe -IIIe siècle ap. J.-C. L’abondante épigraphie (tituli picti et timbres) que ces amphores restituent est l’une des nos principales sources pour l’étude du commerce romain de l’époque impériale.

Cette très importante et complexe production concerne une vaste région de l’Espagne méridionale qui exportait en grande quantité les trois produits alimentaires fondamentaux de l’alimentation romaine.

A l’époque tardo-républicaine et au début de l’Empire, les principales productions de Bétique se localisent le long des littoraux, atlantique et méditerranéen, et en particulier dans la baie de Gades. Cette région, ainsi que toute la zone du détroit de Gibraltar, produit en quantités massives de nombreux produits dérivés du poisson que nous connaissons grâce aux tituli picti, une sorte d’étiquette du produit, peints sur les amphores qui leur servaient de conteneur. Le centre de Gades (Cadix), favorisé par sa localisation stratégique au débouché du fleuve Guadalquivir, est le point névralgique de ces productions et de leur diffusion. A partir du milieu du Ier siècle après J.-C., l’épicentre de la production se déplace le long de la vallée du fleuve Guadalquivir, de son embouchure jusqu’aux alentours de Cordoue. C’est dans ce secteur que, pendant plus de trois siècles, on produit à la fois l’huile d’olive et le conteneur emblématique de ce commerce : l’amphore Dressel 20. La première étape du développement commercial des produits alimentaires ibériques est liée à la « romanisation » de la Gaule et à l’occupation du limes Rhin-Danube (frontière septentrionale de l’Empire) et au besoin croissant d’approvisionnement alimentaire de la cité de Rome. A partir de l’époque flavienne (70-100 ap. J.-C.), l’état romain s’approprie progressivement le marché de l’huile via le service de l’Annona (Service public de distribution alimentaire) et les amphores à huile sont omniprésentes dans les échanges commerciaux. Il suffit de rappeler que le Monte Testaccio à Rome, d’une hauteur d’environ 35 m, est en grande partie constitué d’amphores Dressel 20 brisées, jetées là une fois vidées.

On doit la première classification de ces amphores à H. Dressel, à la fin du XIXe, qui toutefois n’avait attribué à la Baetica que le type n. 20 de sa célèbre table. C’est seulement en 1966 que F. Zevi associe à la production de cette région les types Dressel 7-11. En 1970, la classification de ces amphores est complétée par M. Beltrán avec l’attribution des Dressel 12, 14 et 17 et l’identification des nouveaux types Beltrán IIA et IIB. Les études postérieures sont très nombreuses, en particulier celles portant sur la multitude d’ateliers désormais identifiés et celles portant sur l’épigraphie ou sur la classification des amphores Dressel 20. On signalera notamment les travaux de E. Rodriguez Almeida, J. Remesal, S. Martin-Kilcher ou P. Berni. La publication des quatre volumes du colloque Ex Baetica amphorae en 1998 a marqué la première mise au point des recherches sur ces productions et sur leur commercialisation. Elle comprend, entre autres, une synthèse proposée par B. Liou sur les épaves de Bétique connues en Méditerranée. On doit la plus récente mise au point, comprenant une actualisation des données disponibles, aux travaux de L. Lagostena (2001) et de E. Garcia et D. Bernal (2008).

Cette vaste catégorie d’amphores peut être distinguée en fonction de leur contenu principal :
1. Amphores pour les produits dérivés du poisson
2. Amphores à huile
3. Amphores à vin et produits dérivés du vin.

Amphores bétiques pour les produits dérivés du poisson

Amphores bétiques pour les produits dérivés du poisson Ces amphores sont produites par une myriade d’ateliers, dont la plupart sont localisés dans la baie de Gades et d’autres dans la région de Malaga, d’Huelva et de Granada. Elles sont commercialisées dès la période tardo-républicaine et jusqu’aux débuts du IIe siècle ap. J.-C. pour les formes les plus tardives, comme certaines Beltrán IIB. Un des premiers types, l’amphore Dressel 12, s’inspire clairement des amphores italiques Dressel 1C. Connue en deux variantes, distinguées surtout à partir du bord, en bandeau droit ou convexe, cette amphore fuselée est diffusée des années 50 av. J.-C. au milieu du Ier siècle ap. J.-C.

Amphore Beltran IIa, épave Planier 4, dessin M. Borély/ CNRSUne partie de cette production est souvent regroupée sous le groupe des « Dressel 7-11 ». Il s’agit d’une large gamme d’amphores souvent difficiles à différencier, surtout lorsqu’elles sont fragmentaires. En général, le profil de ces amphores est plus ovoïde au début de la production, Dressel 7 et Dressel 9 ou Dressel 10, qui ont un court pied cylindrique, creux et un bord évasé ou en collerette. Elles deviennent plus fuselée et plus haute avec les types Dressel 8 et Dressel 11 qui perdurent jusqu'à la fin du Ier siècle ap. J.-C. Le pied est plus haut, conique et creux, le bord est très évasé et souvent mouluré. Il faut toutefois être prudent avec les datations proposées pour ce groupe d'amphores car elles peuvent varier, pour un même type, en fonction des ateliers qui les produisent. Vers la fin de la période augustéenne (vers le changement d’ère) semble débuter la production des types Beltrán IIA et IIB qui perdurent jusqu’au milieu du IIe siècle ap. J.-C.

Les tituli picti, retrouvés en grand nombre sur les amphores de ce groupe, renvoient à de nombreuses recettes de sauces ou de préparations à base de poisson. Dans quelques rares cas, notamment celui des Beltrán IIB, ces inscriptions se référent également à des produits à base de vin.

Amphores bétiques à huile

Amphore Dressel 20 E, épave Saint-Gervais 3, d’après Berni 1998 Le commerce de l’huile de Bétique est très bien connu, notamment grâce au riche corpus épigraphique que ces amphores nous ont transmis. L’amphore Dressel 20 en est le conteneur emblématique. Produite par de nombreux d'ateliers le long de la vallée du Guadalquivir, sa forme sphérique, particulière et aisément identifiable, est restée quasi inchangée pendant presque toute la période de sa commercialisation, de son apogée aux Ier-IIe siècles après J.-C. jusqu’au IIIe siècle où l’exportation de l’huile bétique connaît un fléchissement. Il s’agit d’une des amphores les plus communes et les plus largement diffusées dans le monde romain d’occident, spécialement dans les camps militaires du limes (frontière) de Germanie et de Bretagne ainsi qu’à Rome. Les études consacrées à l’évolution typologique de cette forme hautement standardisée et à la lecture des ses multiples inscriptions sont très nombreuses. La classification typologique la plus utilisée est celle de S. Martin-Kilcher (1987), qui a été reprise, selon une approche plus historique et épigraphique, par P. Berni (1998). Les travaux de Martin-Kilcher individualisent huit phases chronologiques, de la fin du Ier siècle av. J.-C. au début du Ve siècle ap. J.-C. Ceux de P. Berni soulignent surtout les évolutions progressives de cette forme selon des périodes historiques (Augusto-tibérienne, Julio-claudienne, Flavio-trajanne, etc.) et séparent le module « standard » (hauteur 73-83 cm ; diam. max. 47-57 cm) du module « réduit » (hauteur 43-47 cm; diam. max. 25-33 cm). Ce dernier conduirait à la forme Dressel 23 qui caractérise la phase la plus tardive de cette production (IIIe – Ve siècle ap. J.-C.).

Amphores bétiques à huileLes tituli picti sont disposés sur trois lignes sur le col, auxquelles s’ajoutent une ou deux lignes en oblique sous les anses. Les trois premières lignes indiquent respectivement : le poids de l’amphore vide (30 – 35 kg) ; le nom du commerçant exportateur ; le poids de l’huile (autour de 70 l). Sous les anses, peuvent être signalé le nom du domaine producteur et celui du propriétaire, le nom du préposé à la pesée, souvent la date consulaire et parfois le port d’embarquement.

Amphores bétiques à vin et dérivés du vin

Amphores bétiques à vin Le vin de Bétique, bien que largement diffusé, garde un rôle secondaire dans les échanges commerciaux que cette province entretient avec le reste de l’Empire. Comme en témoignent les épaves, les amphores Haltern 70 et plus encore les Dressel 28 ne constituent qu’une part minoritaire de la cargaison des navires en provenance de Bétique. Les exemplaires retrouvés dans les épaves conservent les traces d’un épais enduit de poix à l’intérieur.

Les amphores Haltern 70, du nom du camp militaire romain implanté sur le Rhin où elles ont été identifiées pour la première fois, sont produites principalement dans la vallée du Guadalquivir. Elles sont le vecteur principal de différents produits dérivés du raisin, de l’époque augustéenne à l’époque claudienne (soit entre 30 av. J.-C et 50 ap. J.-C.), mais leur production débute avant le milieu du Ier siècle av. J.-C., pour ne décliner qu’à l’époque flavienne (vers 70-80 ap. J.-C.). Il s’agit d’amphores ovoïdes à fond pointu, avec un col haut à bord en collerette et anses bifides. Ces amphores ont sans doute également transporté du defrutum (vin cuit) et des olives noires conservées dans ce defrutum, comme l’indiquent de nombreuses inscriptions peintes. Plus tardive, l’amphore Dressel 28 est attestée plus sporadiquement encore que les Haltern 70, mais elle circule jusqu’au milieu du IIe siècle ap. J.-C. Il s’agit d’une amphore de dimensions réduites, à panse globulaire, fond plat et bord mouluré. Cette forme, produite principalement dans la vallée du Guadalquivir, est également imitée par plusieurs ateliers de Tarraconaise (Catalogne actuelle) et de Gaule méridionale, notamment dans les Bouches-du-Rhône. Le vin semble en être le contenu le plus probable.

Amphores étrusques

Amphore Py3B, épave Ecueil de Miet3. Dessin Archive DRASSM Amphores produites en Etrurie (Toscane et Latium septentrional actuels), principalement pour le transport du vin.
La production des amphores étrusques s’inscrit sur une période longue (du VIIIe au début IIIe siècle av. J.-C.) et se trouve disséminée dans un grand nombre de centres, en Etrurie, mais peut-être aussi en Campanie. Les cités étrusques les plus impliquées étaient celles de Caere et de Vulci, en Etrurie méridionale, mais également celles de Tarquinia, Gravisca, Pyrgi et d’autres ont pu aussi jouer un rôle dans leur fabrication.

La typologie des amphores étrusques a été établie pour la première fois par Michel Py (1974) en Gaule méridionale, où les trouvailles ont été particulièrement nombreuses, tant sur les sites terrestres que dans les épaves. La classification de synthèse mise au point en 1985 par le même auteur (M. Py), est celle la plus couramment utilisée. Sept types principaux y sont considérés, chacun identifié par un numéro, parfois associé à des lettres (Type Py 1/2, Py 3A, 3B et 3C, Py 4 et 4A, Py5). Il s’agit d’amphores qui ont pour points communs un galbe cordiforme, une hauteur réduite et un col court ou absent. Les amphores étrusques ont servi à transporter principalement du vin, mais d’autres produits ne sont pas complètement à exclure (fruit, sauce de poisson ?). Vers la Provence, le Golfe du Lion et la Catalogne, le commerce du vin étrusque débute vers 630 av. J.-C., s’amplifie durant la première moitié du VIe siècle pour disparaître, à quelques exceptions près, vers 450 av. J.-C.
IllustrationsVoir les illustrations complémentaires d'amphores étrusques

Amphores grecques

Amphores grecques archaiques classiques Amphores produites en Grèce continentale, dans les îles de mer Égée et en Asie Mineure pour le transport du vin et de l’huile d’olive.
Les amphores grecques étaient utilisées pour le transport de deux produits de base de l’économie de la Grèce antique (Grèce continentale, îles de mer Égée et Asie Mineure) : le vin et l’huile d’olive. Pour diffuser son vin et son huile, chaque cité produisait ses propres amphores, dont la forme caractéristique permettrait de reconnaître facilement l’origine de la marchandise, garantissant dans le même temps la qualité et la quantité. Les amphores grecques représentent donc une véritable galaxie de centres de productions divers, ayant de surcroît tendance à s’imiter les uns les autres. Les études sur ce vaste ensemble de productions sont encore en cours, notamment en ce qui concerne les analyses des pâtes céramiques. Les formes sont très diversifiées et peuvent varier énormément dans le temps, même pour celles issues d’un même centre de production.

Amphores grecques hellénistiques Les amphores grecques sont traditionnellement regroupées en deux groupes chronologiques : les amphores archaïques et classiques (du VIIe au Ve siècle av. J.-C.) et les amphores hellénistiques (du IVe au Ier siècle av. J.-C.). A l’intérieur de ces groupes, la distinction successive est d’ordre géographique et l’on parle d’amphores grecques d’orient et d’amphores grecques de Grèce propre et des îles. On se limitera ici à ne citer que les ateliers les plus importants. Pour les productions orientales, celles de Chios, de Clazomènes, de Milet, de Lesbos, de Thasos, de Mendé et de Samos. La majorité de ces amphores était destinée au transport du vin. Pour les amphores de Grèce propre et des îles, les centres les plus importants sont Athènes (amphores dites de type “SOS” et “à la brosse”) et Corinthe, dont l’importante et très longue fabrication d’amphores a été classée en deux séries principales, A et B. Il s’agit d’amphores pour le transport de l’huile.

Pour la période hellénistique (IVe - Ier siècles av. J.-C.), la production orientale est la plus importante et la plus diffusée. Sont alors notamment actifs les ateliers de Rhodes, de Cnide, de Chios, de Cos, de Thasos et de Samos.

Amphores italiques

Amphores produites en Italie de l’époque hellénistique à l’antiquité tardive (fin IVe siècle av. J.-C. - fin VIIe siècle après J.-C.), principalement utilisées pour le transport du vin.

Amphores italiques hellénistiques

Cette vaste famille d’amphores réunit quatre types principaux produits durant l’époque hellénistique (fin IVe - fin Ier siècle avant J.-C.), parfois assez distants l’un de l’autre tant par la morphologie que par la zone géographique de provenance, qui couvrent globalement la péninsule italienne, Sicile et Grande Grèce comprises.

Amphores gréco-italiques

Amphore Gréco-italique ancienne, épave de la Tour Fondue. Dessin B. DangréauxCes amphores ont ainsi été dénommées depuis F. Benoit pour souligner leur position hybride, entre une filiation grecque et une zone de production italienne, ainsi que leur chronologie intermédiaire entre les amphores grecques et les amphores romaines. Cette forme est considérée comme une sorte de transition entre les amphores grecques, dont elle dérive clairement, et les amphores Dressel 1, forme typique de la République tardive. Ces amphores sont produites tout le long de la côte tyrrhénienne, spécialement en Campanie et dans le Latium, mais aussi en Adriatique, en Sicile et en Grand Grèce, de la fin du IVe siècle jusqu’au milieu du II siècle av. J.-C. Elles ont fait l’objet de plusieurs tentatives de typologie, sans qu'aucune d’entres elles ne soit véritablement satisfaisante. Les plus utilisées sont celle de E. Lyding Will (1982), qui propose cinq variantes (gréco-italiques a-d) et celle de C. Van der Mersch (1995 et 2001), au moins pour quatre des six types déterminés (MGS/RMR 3-6).

Globalement, les « gréco-italiques anciennes » de forme assez trapue, en toupie, avec un bord triangulaire – horizontal, évoluent vers une forme fuselée dont le bord est toujours triangulaire mais allongé, très proche des amphores Dressel 1. On appelle cette forme évoluée "gréco-italique récente". Les timbres sont assez fréquents, habituellement placés sur les sommets ou au niveau de l’attache inférieure des anses : ils sont en grec (présents presque exclusivement sur des gréco-italiques anciennes) ou en latin et semblent faire référence à l’atelier de production. Les graffiti et les tituli picti sont plus rares, les deux étant de surcroît d’interprétation difficile.
Le vin est considéré comme le principal contenu des amphores gréco-italiques, en raison du revêtement de poix et des traces de vin trouvées sur des bouchons de liège. Ces amphores commencent à être diffusées en Méditerranée à partir de la seconde moitié du IIIe siècle, d'abord essentiellement en Espagne et en Gaule méridionale. Les épaves de la Pointe Lequin 2 et, surtout, du Grand Congloué 1, chargées d'amphores gréco-italiques et de céramiques à vernis noir campaniennes, témoignent de la grande expansion en Occident du commerce du vin tyrrhénien à partir du tout début du IIe siècle av. J.-C.
Illustrations Voir les illustrations complémentaires d'amphores gréco-italiques

Amphores Dressel 1, A, B, C

Amphore Dressel 1A, épave de la Pointe Moussure 1. Dessin P. Fiori
Dérivées des amphores gréco-italiques, les amphores Dressel 1 sont un des types d’amphore le plus diffusée dans l’Antiquité. Produites en grandes quantités et par de nombreux ateliers italiens, en particulier de la côte tyrrhénienne (Etrurie méridionale, Latium et Campanie), elles présentent des variantes morphologiques innombrables et elles ont aussi été imitées dans diverses régions de Méditerranée. Placées au numéro 1 de la célèbre « Table de Dressel », ces amphores ont été regroupées par N. Lamboglia (1955) autour de trois formes principales (Dressel 1 A, B, C), qui sont toujours les plus utilisées en dépit de leur évidente simplification. Elles sont censées remplacer les amphores gréco-italique vers 140 av. J.-C. et leurs productions semblent perdurer jusqu’à la fin du Ier siècle av. J.-C., même si elles sont en général rares après 30 av. J.-C.

Le type Dressel 1A est le premier à apparaître et perdure jusqu’à la fin de cette production ; le type Dressel 1B est attesté dès la fin du IIe siècle av. J.-C. et est le plus fréquent à partir du milieu du Ier siècle av. J.-C. ; le type Dressel 1C est également attesté dès la fin du IIe siècle av. J.-C. et perdure jusqu’à la fin de la production, mais il reste toujours fortement minoritaire par rapport aux autres deux types. Le vin est considéré comme le principal contenu des amphores gréco-italiques, en raison du revêtement de résine et des traces de vin trouvées dans des amphores encore scellées dans différentes épaves, dont notamment celle de la Madrague de Giens. Des sauces de poisson ont été récemment évoquées comme contenu possible des quelques productions de Dressel 1C, spécialement pour les imitations du cercle du détroit. Les timbres sont assez fréquents, placés le plus souvent au niveau de l’attache inférieure des anses, mais aussi sur la lèvre, au niveau de l’épaule ou de la panse et même sur le pied. Ils sont habituellement en latin, rarement en grec et semblent faire référence à l’atelier de production, souvent en évoquant des noms d’esclave. Plus rares sont les graffiti et les tituli picti : ces derniers font souvent référence à la qualité du vin ou à l’année du contenu.
Les épaves à cargaison d’amphores Dressel 1 sont, de loin, les plus nombreuses sur les côtes Méditerranéennes de la France et il a été calculé qu’environ soixante millions d’amphores vinaires de ce type ont été exporté d’Italie vers la Gaule pendant un siècle.
IllustrationsVoir les illustrations complémentaires d'amphores Dressel 1, A, B, C

Amphores Lamboglia 2

Amphore Lamboglia 2, épave Fourmigue C, dessin M. Rival / CNRS-CCJ Dérivées des amphores gréco-italiques, elles sont l’équivalent des Dressel 1 pour la région adriatique. Elles tiennent leur nom de l’archéologue Nino Lamboglia, qui, en 1955, a identifié cette forme en lui donnant le numéro 2 de sa classification des amphores de la période républicaine. Produites en grandes quantités et par de nombreux ateliers, pour la plupart situés sur la côte italienne adriatique ainsi qu’en Istrie, elles présentent de nombreuses variantes morphologiques, surtout au niveau de la lèvre et de la pointe. L’analyse des traces du contenu des amphores Lamboglia 2 de l’épave de la Madrague de Giens a montré qu’elles avaient servi au transport du vin et non au transport de l’huile, comme on l’a longtemps cru. Sur ces amphores, les timbres sont assez fréquents, placés le plus souvent au niveau du coude des anses mais aussi sur la lèvre. Ils sont habituellement en latin et semblent faire référence à l’atelier de production, souvent en évoquant des noms d’esclave. Les graffiti et les tituli picti sont plus rarement présents.
Ces amphores remplacent les amphores gréco-italiques vers 140-130 av. J.-C. et leurs productions semblent perdurer jusqu’à la fin du Ier siècle av. J.-C., période où elles évoluent vers le type Dressel 6A. La forme Lamboglia 2 circule surtout en Méditerranée orientale mais elle est aussi fréquente dans la région de Carthagène en Espagne. Plutôt rares sur les côtes de Méditerranée nord-occidentale, elles ne représentent que très exceptionnellement la cargaison principale d’une épave. Dans le cas de l’épave Sud Caveaux 1, elles sont réutilisées pour le transport de goudron de pin.

Amphores italiques impériales

Amphores Dressel 6 A

Amphore Dressel 6, épave Sud Caveaux 1, dessin G. Frommherz/Drassm Ce type d’amphores succède au type Lamboglia 2, auquel il ressemble beaucoup. De plus, ces amphores sont souvent produites dans les mêmes ateliers que les Lamboglia 2 et il est parfois difficile de différencier les deux formes, surtout à partir de fragments. Existant en plusieurs variantes, les Dressel 6A sont caractérisées par un corps plus ovoïde et une longue pointe. Elles portent parfois des timbres, sur la lèvre et sur le col. Plus rares sont les graffiti et les tituli picti. Ces derniers mentionnent le vin mais aussi le garum (une sauce à base de poissons) comme contenu de ces amphores.
Les Dressel 6A sont produites de la fin du Ier siècle av. J.-C. jusqu’au milieu du Ier siècle ap. J.-C. Elles présentent plus ou moins la même diffusion que les Lamboglia 2, sauf pour l’Espagne méridionale, où elles sont moins fréquemment attestées.

Amphores massaliotes romaines

Amphore massaliote romaine, type Bertucchi 6, épave Sud caveaux 1, dessin G. Frommherz/ DrassmAmphores produites à Marseille de la fin de l’époque hellénistique au Haut-Empire (seconde moitié du Ier siècle avant J.-C. - Ier siècle/début IIe siècle après J.-C.), principalement pour le transport du vin.
La production d’amphores de Marseille, très importante de l’époque archaïque à l’époque hellénistique (VIe-IIIe siècles), semble, après presque un siècle d’arrêt apparent, reprendre vers 40 av. J.-C. Dans ce groupe d’amphores massaliotes romaines ont été réunies des formes identifiées par l’archéologue Guy Bertucchi, dans les ateliers découverts à Marseille.
Dans un premier temps, ces productions reprennent des formes courantes de cette période, comme les types Dressel 7-11 et Dressel 2-4, mais les ateliers produisent aussi un type plus original, à fond plat, dénommé Bertucchi 6, connu sous plusieurs variantes. Le type Bertucchi 6a est assimilé à la forme Gauloise 2. Le type Bertucchi 6b est très caractéristique de la production marseillaise et porte parfois des timbres en grec ou en latin sur la lèvre ou sur le col. Tous ces types présentent des pâtes similaires à leurs prédécesseurs archaïques, caractérisées par la présence d’abondantes inclusions de paillettes de mica, qui les rend facilement reconnaissables.
C’est au Ier siècle ap. J.-C. qu’apparaît le type Bertucchi 7, assimilable aux formes plus standards des Gauloises 3 et 4, et qui présentent une pâte plus fine et sans mica, ce qui les distingue des précédentes. Ce groupe semble diffusé essentiellement à un niveau régional.

Amphores de Tarraconaise

Amphores produites dans la province de Tarraconaise (Catalogne actuelle) de la fin de l’époque hellénistique au Haut-Empire (Ier siècle avant J.-C. - Ier siècle après J.-C.), principalement pour le transport du vin.
La production de vin en Tarraconaise se développe plus particulièrement dans les dernières décennies avant notre ère, relayant ainsi le commerce du vin italique dont le déclin commence. Les principaux ateliers d’amphores ont été localisés surtout dans la région de Barcelone, ils témoignent clairement de l’essor de la viticulture de cette province. Les sources anciennes, Pline par exemple, nous parlent d’une région de production de vin de consommation de masse, ce qui expliquerait l’importance de sa diffusion. Les premières formes imitent les types les plus courants, utilisés pour le commerce du vin italique de l’époque, comme les Dressel 1 et les Dressel 2-4, mais produisent aussi des types originaux comme les Pascual 1, les Tarraconaise 1 et les Oberaden 74.
Des imitations des formes typiques de Bétique (Andalousie actuelle), comme les Dressel 9 et les Dressel 7-11, sont également produites par ces ateliers. Ces formes sont habituellement associées au transport des conserves de poisson, mais elles ont pu transporter d’autres denrées.
Les productions de Tarraconaise les plus diffusées en Méditerranée sont assez facilement reconnaissables ayant une pâte très caractéristique, rouge à rouge orangé, avec de nombreux grains blancs.

Amphores de Tarraconaise 1

Amphore Tarraconaise I,  Épave Sud-Caveaux 1, dessin G. Frommherz, Drassm Amphores originaires de la province de Tarraconaise (Catalogne espagnole), dites également Léétanienne 1. Bien que sa forme rappelle celles des amphores Dressel 10 de Bétique (Andalousie actuelle) à sauce de poisson, elle serait plutôt utilisée pour le commerce du vin, notamment parce qu’elle provient d’une région viticole. Cette forme, produite de la moitié du Ier siècle avant J.-C. aux premières années du Ier siècle après J.-C., circule surtout en Espagne, dans la Catalogne actuelle, et en Gaule Narbonnaise (Languedoc-Roussillon et Provence). Elle est vraisemblablement remplacée par le type Dressel 2-4 au début de notre ère. Elles présentent plusieurs variantes morphologiques, surtout au niveau de la lèvre et de la pointe.

Amphores Oberaden 74

Amphore de Tarraconaise Oberaden 74, épave Sud Caveaux 1, dessin G. Frommherz/ Drassm Amphore à fond plat originaire de la province de Tarraconaise (Catalogne espagnole), qui tient son nom du camp militaire romain d’ Oberaden (Allemagne), découvert en 1905, où elle a été reconnue pour la première fois. Cette amphore est vraisemblablement utilisée pour le transport du vin. Sa forme rappelle les amphores à vin Dressel 28 de Bétique (Andalousie actuelle). Ces amphores ont moins circulé que les autres amphores à vin de Tarraconaise, comme les Pascual 1 ou les Dressel 2-4. Leur présence dans les épaves est souvent limitée à quelques exemplaires qui accompagnent la cargaison principale. Leur diffusion débute dans les toutes dernières décennies du Ier siècle avant J.-C. et s’achève dans les premières décennies du Ier siècle après J.-C.

Anguillers (n.m.p.)

Ensemble de trous aménagés dans la partie inférieure des couples et qui forment un canal permettant l'écoulement de l'eau dans la sentine. Une longue corde, appelée anguille, par analogie avec le long poisson réputé pour sa capacité à s'introduire dans des trous étroits, se place dans cette série de trous.

Artémis

Personnage de la mythologie grecque : déesse de la chasse.
(en grec ancien / Ártemis) Personnage de la mythologie grecque, Artémis est la déesse de la chasse. Fille de Zeus et de Léto, elle est la sœur d’Apollon. Armée d'un arc et de flèches, Artémis assiste son frère dans plusieurs combats. Elle est une des déesses associées à la Lune et appartient avant tout au monde sauvage, tandis qu’Apollon est le dieu du Soleil et se présente comme un dieu civilisateur. Comme Dionysos, elle est constamment entourée d'une troupe d'animaux sauvages. Dans la mythologie romaine elle est assimilée à la déesse Diane.

Aryballe (n.m.)

Petit vase, rond ou ovoïde, utilisé, pour contenir des huiles parfumées destinées aux soins du corps (en grec ancien αρυβάλλος = aryballos).

Petit vase à panse globulaire ou ovoïde et à col étroit et lèvre plate, ressemblant à une bourse serrée à son ouverture. L’aryballe est souvent représenté dans l'iconographie soit suspendu, avec d’autres objets liés à la toilette de l’athlète, soit accroché à la ceinture ou utilisé par les athlètes eux mêmes. D’origine probablement corinthienne, c’est une forme très diffusée dans la céramique corinthienne et étrusco-corinthienne des VIIe et VIe siècles av. J.-C. La forme continue à être produite en différents matériaux à l'époque romaine.

Aspirateur à sédiments à air (n. m.)

Outil permettant d'enlever les sédiments (suceuse à air). Un compresseur, installé en surface, envoie de l'air dans un tuyau raccordé à une tubulure maintenue à la verticale. L'air se dilate et accentue sa vitesse en remontant (loi de Mariotte) ce qui crée une aspiration en bas du tube. Les sédiments, ainsi que les petits objets, aspirés sont ramenés en surface où ils sont tamisés puis triés. L'aspirateur de sédiments à air est à manipuler avec précaution en raison de sa puissance.

Aspirateur à sédiments à eau (n. m.)

Outil permettant d'enlever les sédiments (suceuse à eau). Une motopompe, installée en surface, permet d'injecter de l'eau sous pression dans un tuyau. Ce dernier est relié à un tube. L'eau injectée entraîne l'eau environnante (effet venturi), ce qui crée un courant d'aspiration. Les sédiments aspirés sont rejetés sous l’eau quelques mètres plus loin. La puissance de l'aspirateur de sédiments à eau peut être modulée et permet un travail fin.


B

Babord

Partie du navire située à la gauche d'un observateur tourné vers l'avant, vers la proue.

Banc de mât (n.m.) ou banc d'étambrai (n.m.)

Banc situé dans la partie supérieure du bateau, en aplomb de l’emplanture, et servant au maintien et au passage du mât. Soumis à des efforts importants, il repose généralement sur des pièces de support longitudinales fixées aux flancs du bateau.

Barrot (n. m.)

Madrier de charpente (dans la construction en bois) qui soutient les couples du navire, tout en les maintenant écartés à la distance voulue. Le barrot sert également de support aux planches formant le pont.
Voir schéma Construction sur bordé

Bateau (n. m.)

Nom générique donné aux constructions humaines capables de flotter sur l’eau et de s’y déplacer.
De petites dimensions, les bateaux sont généralement employés sur les côtes, les rades, les fleuves, les rivières, les lacs et les ports. Ils permettent diverses activités telles que le transport de personnes ou de marchandises, la guerre sur mer, la pêche, la plaisance, ou d’autres services tels que les bateaux de servitude portuaires. Jusqu’à l’introduction de la vapeur et du moteur, on les distingue, entre eux, par les dénominations de « bateaux à voiles » ou « à rames », selon que ces constructions sont destinées à être mues, principalement, par l’effet du vent sur les voiles ou par l’effet d’avirons. Le terme « bateau » peut en réalité recouvrir n’importe quelle structure flottante mais d’autres appellations sont préférées dans certains cas : on parle en effet d’« embarcation » pour un bateau de petite taille (de l’ordre de quelques mètres de longueur), de « navire » pour un bateau maritime de fort tonnage, de « vaisseau » pour les mêmes navires anciens à voile et de « bâtiment » pour un navire de guerre ou de commerce. Dans chaque pays, les bateaux ont une forme, une voilure, une installation qui sont appropriés aux besoins de la navigation, et ils portent des noms particuliers.

Batelier (n. m.)

Marin d’eau douce.
Personne dont la profession est de naviguer sur les eaux intérieures, et notamment les voies fluviales, pour transporter des marchandises ou des hommes. Le terme de batelier est plutôt employé dans le sud de la France tandis qu’on utilise plutôt le terme de marinier dans le nord.

Batterie (n. f.)

Ensemble des canons établis sur un même pont. On parle de batterie tribord pour désigner les canons en poste du côté droit, et de batterie bâbord pour ceux de gauche. Les batteries sont numérotées à partir du fond du navire : première batterie ou batterie basse), deuxième batterie, etc.

Bellarmine (n. f.)

Bellarmine de l’épave de La Sainte-Dorothéa, Cl. P. Foliot/ CCJ-CNRS Bouteille en grès de tradition allemande qui doit son appellation au portrait imprimé sur le col. Produites en Rhénanie (région du Rhin en Allemagne), les bellarmines ou bartmannkrug sont des objets très rares en Méditerranée. Elles doivent leur appellation au portrait barbu très stylisé imprimé sur le col. Ce portrait fait référence dans la tradition populaire au cardinal Roberto Bellarmino (1542-1621), inquisiteur catholique. Par sa cuisson à très haute température le grès, composé d’une argile silico-argileuse devient un matériau très résistant, nommé stoneware  par les anglais. Sa pâte fine très dure, non poreuse et vitrifiée, lui confère la réputation d’être le conteneur idéal pour l’alcool, l’acide ou le mercure à bord des bateaux d’Europe du nord. Datées de la fin du XVIIe siècle, les bellarmines sont par la suite remplacées par les bouteilles en verre. Toutefois, des imitations de bellarmines sont encore produites durant tout le XVIIIe siècle en Angleterre.

Blaster (n. m.)

Ventilateur ou souffleur à sédiment, sous-marin et télécommandé. Le blaster permet de dégager les couches de sédiments qui recouvrent les sites archéologiques. Son utilisation est délicate car elle peut être destructive pour les vestiges et leur contexte. Son emploi se limite en général à des gisements situés à grande profondeur, que l’on ne peut atteindre que difficilement en plongée classique.

Bordage (n. m.)

Pour les bateaux de mer, les bordages désignent chacune des planches constitutives de l’enveloppe extérieure de la coque et dont l’ensemble forme le bordé.
L’épaisseur et le type des bordages varient selon leur emplacement entre la quille et le haut de la muraille du bordé. Les planches appliquées sur les baux et les barrots s’appellent des bordages de pont. Voir schéma Coque ou Construction sur bordé.
Pour les bateaux fluviaux, les bordages désignent les planches constitutives de la sole ou celles des bordés de flanc.

Bordage de bouchain monoxyle (n. m.)

Voir bouchain

Bordé (n. m.)

Ensemble des planches, sur les bateaux en bois, ou des tôles, sur les navires en métal, qui forment l’enveloppe extérieure de la coque d’un navire.
Dans la construction navale antique, les éléments du bordé étaient montés avant qu’on y insère la charpente transversale (construction sur bordé) tandis que depuis le Moyen Âge, le bordé est fixé extérieurement sur les membrures (construction sur couple). Le bordé doit être étanche, il doit résister aux forces de la mer et, dans une certaine mesure, à des chocs minimes lorsque le bateau est à quai. Voir schéma Coque ou Construction sur bordé.
Dans la construction navale fluviale, les bordés correspondent aux flancs du bateau. Ils peuvent être constitués de plusieurs planches appelées – comme pour la sole – « bordages ». Sur plusieurs chalands gallo-romains du bassin rhodanien, et notamment sur Arles-Rhône 3, les bordés des flancs ont la particularité d’être composés de bordages massifs taillés dans des demi-troncs de sapin appelés « bordés de flanc en demi-tronc ».

Bordé à franc-bord (n. m.)

Bordé dont les planches sont disposées can contre can, sans aucun recouvrement.
Le bordé à franc-bord des navires de l’Antiquité méditerranéenne, dont les planches sont reliés entre eux soit par des ligatures, soit par un système de tenons chevillés dans des mortaises, est à distinguer du bordé à franc-bord ou "à carvel", d’époque médiévale ou moderne, dont les planches sont totalement démunis de liaison entre eux.

Bordée monoxyle de transtion (n. m.)

Voir bouchain

Bouchain (n. m.)

Sur les bateaux de mer, partie de la carène comprise entre les fonds et la muraille. Lorsque cette partie est angulaire, on dit alors de la carène qu'elle est  à "bouchain vif". Voir schéma Construction sur bordé.
Sur les embarcations fluviales, le bouchain correspond à la partie de coque comprise entre le fond et les flancs. Dans la batellerie gallo-romaine, la pièce qui assure cette liaison est le plus souvent en chêne monoxyle taillée en forme de C ou de L. Héritière de l’architecture monoxyle des bateaux, elle est alors appelée « bordage de bouchain monoxyle » ou « bordé monoxyle de transition » et intervient dans la construction de type « monoxyle-assemblée ». Le bouchain peut néanmoins être constitué de deux pièces – un bordage de sole et un bordage vertical – assemblées entre elles au moyen de clous ou de chevilles ; on parle alors de « bouchain composé ».

Boulet ramé (n. m.)

Boulet formé de deux demi-sphères de métal, réunies par une chaîne ou une barre de fer. Ces projectiles étaient utilisés pour endommager le gréement et la voilure des navires.

Brion (n.m., brion d’étrave/brion d’étambot)

Pièce de bois courbe formant la jonction entre la quille et l’étrave. Voir schéma Charpente longitudinale axiale

Bouteille à passant (n.f.)

Bouteille provençale à passant, Cl. D. Metzger/ Drassm Bouteilles à quatre anses de suspension, horizontales, munies d’un goulot étroit, qui servent principalement à contenir et à transporter des liquides. Ces bouteilles en céramique, de formes diverses, sont généralement recouvertes d’une glaçure verte ou jaune à l’extérieure. Ce modèle, produit et largement répandu dans toute la Provence et le Languedoc permettait notamment de conserver l’huile mais aussi de garder l’eau fraîche à bord des navires.

Bucchero nero (n. m.)

Canthare en Bucchero nero de la collection Dr. Pruvot., Cl. Chr. Durand / CCJ-CNRS
Céramique étrusque de couleur noire qui imite des modèles métalliques.
Le bucchero est un type de céramique qui a été fabriqué en Etrurie, mais aussi en Campanie, principalement aux VIIe et VIe s. av. J.-C. Sa couleur noire caractéristique est obtenue grâce à un processus complexe de cuisson. Le bucchero se caractérise également par une surface bien polie, que l’on obtenait probablement par un processus de réduction chimique activée en cours de cuisson par une flamme fumeuse. Les décorations étaient gravées ou en relief. Le bucchero est considéré comme la production artisanale étrusque la plus diffusée : sa présence est connue en Gaule méridionale, dans la Péninsule Ibérique, à Carthage, en Sicile, en Grande-Grèce et en Grèce, en Egypte et à Chypre, soit pratiquement dans toutes les régions les plus significatives du réseau commercial de la Méditerranée. Les vases en bucchero apparaissent en Gaule méridionale dès le dernier tiers du VIIe siècle av. J.-C., accompagnant les premières amphores étrusques. Le nombre de formes exportées en Gaule est beaucoup plus réduit qu’en Etrurie ; elles sont liées au service du vin et largement dominées par le canthare.


C

Calfatage (n. m.)

Action visant à combler tous les interstices existant entre les planches pour rendre étanche la coque, le pont et le vaigrage d’un bateau en bois. Le calfat, constitué d’un mélange de fibre végétale et d’un enduit à base de goudron, de résine ou de brai, est introduit dans les interstices à l’aide d’un outil en métal (ciseau ou fer à calfat) et enfoncé à coups de maillet. Les opérations de calfatage doivent être régulièrement effectuées pour entretenir l’étanchéité du bateau.

Can

Surface la plus étroite d’une pièce de bois dans sa longueur.

Canthare (n.m.)

Coupe avec deux anses hautes et verticales, utilisée lors des banquets (en grec ancien κάνθαρος = kàntharos)
Vase profond avec deux anses hautes et verticales, plus ou moins rehaussé d’un pied, qui peut être plus ou moins haut. Il était utilisé pour boire du vin et il est étroitement lié au culte de dieu du vin, Dionysos. C’est une forme très diffusée dans le bucchero étrusque des VIIe et VIe siècles av. J.-C. Quelquefois, la panse du vase peut prendre la forme d’une figure humaine (dans la céramique de production grecque). Le canthare est une forme récurrente dans l'iconographie liée aux rituels initiatiques du culte de Dionysos.

Carène (n.f.)

Partie immergée de la coque d’un bateau que l’on appelle aussi œuvres vives.
Du point de vue de l’architecte naval, la carène est l’ensemble des lignes longitudinales et transversales qui forment le dessin de la coque dans sa partie immergée. Lié à la stabilité du bateau, le centre de carène est le centre de gravité du volume de carène.

Carlingue (n.f.)

Élément de renfort intérieur de la structure longitudinale d’un bateau.
Dans la construction navale en bois, la carlingue est une longue pièce de bois disposée parallèlement à la quille, au-dessus des varangues, et qui s’étend d’un bout à l’autre du bateau, venant renforcer la structure longitudinale de la coque à l’intérieur. Dans la construction navale en acier, c’est souvent une poutre en "I", voire une cloison verticale. On trouve une carlingue centrale et des carlingues latérales si la largeur du bateau le nécessite. Voir schéma Coque ou Emplanture.

Carlingot (n. m.)

Pièce parallèle à la carlingue et de plus faible échantillonnage. Dans la construction navale antique, la carlingue (ou le massif d’emplanture) est parfois supportée par des carlingots. Voir schéma Coque et schéma Emplanture

Céramiques fines (n.f.)

Vaisselle de table caractérisée par une facture soignée, par une prévalence de l’esthétique sur le fonctionnel et par la présence de vernis et de décors plus ou moins complexes. On parle de céramique fine, ou de céramique de table, souvent en opposition à la céramique commune, pour qualifier des céramiques très variées, très soignées tant du point de vue de la qualité de la pâte, que de celle de la cuisson, et souvent décorées.

Les vases sont peints ou vernissés par immersion dans de l’argile plus diluée et peuvent être ornés de décors incisés, peints, appliqués ou imprimés. Ces décors sont de qualités inégales et varient considérablement d’une production à l’autre et même d’une période à l’autre au sein de la même production. A la différence des céramiques communes, la présence de vernis/peinture, de décorations, alliée à une moindre longévité des formes a permis l'élaboration de classification typo-chronologiques assez précises pour les différentes classes céramiques ou pour les diverses productions identifiées. De ce fait, les céramiques fines peuvent constituer de bons marqueurs chronologiques.

Céramique etrusco-corinthienne

Production étrusque de céramique fine peinte, reproduisant les formes et les décors des céramiques corinthiennes
Plat en céramique étrusco-corinthienne découvert à Marseille (Ilot 55), Dessin J.-J. Dufraigne – P. Reynaud.Il s’agit d’une production de céramique fine peinte, reproduisant les formes et les décors des céramiques corinthiennes, qui apparaît en Italie à partir du VIIe siècle av. J.–C. C’est dès la fin de ce siècle que plusieurs ateliers en Etrurie vont fabriquer en masse des vases imitant les formes et les motifs corinthiens de façon beaucoup plus négligée. La manière de traiter les motifs est le plus souvent assez lâche, les silhouettes animales schématiques, les incisions épaisses. Les formes peuvent être très proches des modèles grecs (aryballes sphériques, œnochoés, olpés…) ou propres à la production étrusque, comme les différentes variantes de kylix et de plats.
L’exportation des vases étrusco-corinthiens est assez modeste en Méditerranée nord-occidentale. Ces céramiques accompagnent sporadiquement les chargements d’amphores et de bucchero nero étrusques, principalement au VIe siècle av. J.-C. L’épave de La Love à Antibes est l’attestation la plus importante de leur commercialisation en Gaule.
Plusieurs habitats de Gaule du sud en livrent des exemplaires : par exemple La Liquière (Languedoc oriental), Ensérune (Languedoc oriental) et surtout Marseille et Saint-Blaise (Provence).

Céramique à vernis noir

Vaisselle de table recouverte d'un vernis de couleur noir et non figuré, produite par un grand nombre d’ateliers de la Méditerranée, principalement en Grèce et en Italie méridionale, entre le VIe et le Ier siècle av. J.-C.
Vaisselle de tradition grecque dont la teinte noire du vernis est obtenue grâce à l’application, au pinceau ou par immersion du vase, d’une couche d’argile très épurée et diluée et à une cuisson du vase en atmosphère réductrice (pauvre en oxygène). Le monoxyde de carbone permet de réduire l'oxyde ferrique en oxyde ferreux ou en magnétite. La partie du vase recouverte de l'enduit devient entièrement noire et se vitrifie. Le vernis ainsi obtenu assure l'imperméabilité du vase.
Les productions de céramique à vernis noir les plus diffusées et exportées, notamment vers la Méditerranée occidentale, sont la céramique attique à vernis noir et les céramiques italiques à large diffusion. Ces dernières sont dénommées « céramiques campaniennes » par Nino Lamboglia en 1950 et sont réparties en plusieurs classes dont la Campanienne A et la Campanienne B.

Céramique campanienne A

Céramique Campanienne A
Vaisselle de table à vernis noir produite dans le golfe de Naples/île d'Ischia du IVe au Ier siècle av. J.-C. et très largement exportée par voie maritime, notamment en Méditerranée occidentale.
Cette production reprend et perpétue les formes et les décorations de la céramique attique à vernis noir. Elle doit à Nino Lamboglia sa définition et sa première classification, en 1952 (les formes sont souvent identifiées par l’abréviation Lamb. suivi d’un numéro, parfois associé à des lettres). Cette typologie est ensuite précisée et enrichie dans la classification, plus générale mais plus complexe, de Jean-Paul Morel en 1981 (les formes sont désignées par la lettre F. suivi d’un numéro à quatre chiffres). Les deux classifications font toujours référence aujourd'hui.
Cette céramique a été produite pendant une longue période que l'on peut subdiviser en cinq phases principales : primitive (IVe s.), archaïque (300-220 av. J.-C.), ancienne (220-180 av. J.-C.), classique (180-100 av. J.-C.) et tardive (100-40 av. J.-C.). Ces phases sont caractérisées par l’utilisation de certaines formes, types de décorations et caractéristiques techniques. On remarque que la qualité de la céramique, du vernis et des décorations se dégrade au fil du temps. La couleur de la pâte céramique est tout d'abord d’un ton rouge clair, surtout dans la première phase de production. Elle passe ensuite à une couleur rouge lie-de-vin, puis rouge-brun. La pâte est plus ou moins granuleuse et le vernis présente des reflets métalliques. Des empreintes de doigts sont souvent visibles autour du pied des vases.
Les décorations, plus importantes et soignées dans les phases archaïque et ancienne, sont en général assez simples : rehauts de peinture blanches sur les bols, filets parallèles blancs près des bords des bols et des kylix, cercles au fond des bols dans les phases classique et tardive ; quatre palmettes imprimées sur les grandes coupes et quelques formes d’assiette, souvent entourées de guillochis, rosettes imprimées au centre des coupes et coupelles. Ces deux derniers types de décors sont imprimés en relief.
La campanienne A voyage comme cargaison complémentaire dans les navires transportant essentiellement des amphores gréco-italiques et Dressel 1 contenant du vin d’Italie. Déjà présente en petites quantités en Méditerranée occidentale vers le milieu du IIIe siècle av. J.-C., la campanienne A envahit littéralement les côtes occidentales, en particulier de la Gaule et de l’Espagne, à partir du IIe siècle av. J.-C. L’épave du Grand Congloué1 avec ses 7000 pièces de vaisselle en est l'un des témoins les plus significatifs.

Céramique campanienne B

Céramique Campanienne B Vaisselle de table à vernis noir et à pâte céramique de couleur clair, du chamois au rose pâle, produite principalement en Italie centrale, principalement en Etrurie et en Campanie, dès le IIe siècle av. J.-C. et largement exportée par voie maritime, surtout en occident, au cours du Ier siècle av. J.-C.

Cette grande famille réunie plusieurs productions qui partagent le même répertoire de formes, inspiré de la vaisselle en métal, et les même caractéristiques techniques : une argile de couleur claire et un vernis franchement noir ou noir bleuâtre, au moins pour les productions de grande qualité. Comme pour la Campanienne A, elle doit à Nino Lamboglia sa définition et sa première classification, en 1952. Les formes sont souvent identifiées par l’abréviation Lamb. suivi de la lettre B et d’un numéro. Cette typologie a ensuite été précisée et enrichie dans la classification, plus générale mais plus complexe, de Jean-Paul Morel publiée en 1981. Les deux classifications font toujours référence aujourd'hui, malgré la complexité et la variété des diverses productions identifiées au cours des recherches menées ces dernières années, notamment en Espagne et en Italie. L'idée même d'une origine « étrusque » qui aurait servi de modèle aux autres productions de cette famille, surtout à celle de Campanie-Latium, ne fait plus l'unanimité. Pour cette raison, les spécialistes préfèrent désormais l’appellation « cercle de la campanienne B », proposé par J.-P. Morel, pour toutes ces céramiques à vernis noir et pâte claire qui constituent le répertoire morphologique établi par Lamboglia (formes Lamb. B 1-8,10). S’y rattachent également d'autres formes désormais bien connues comme le kylix Pasquinucci 127, le cratère F4753a ou la coupe Lamb. B 27B à décor dit à « cuoricini ».

Aujourd'hui, on connaît deux principaux types de productions qui ont sans doute eu une diffusion assez importante en méditerranée :
1. le groupe B étrusque
2. le groupe B campanien.

Le groupe B étrusque présente une pâte noisette claire-chamois et un très beau vernis noir, noire-bleuâtre. Ce groupe réuni toutes les productions localisées en Etrurie, celles appelées autrefois « vraies B » et une partie des productions du IIéme siècle localisées dans la zone de Volterra et d’Arezzo (Etrurie septentrionale). Le groupe B étrusque est diffusé surtout en Espagne tandis qu’il est rare en Gaule, en Languedoc-Roussillon et plus encore en Provence.

Le groupe B de Campanie présente une pâte plus rosée et moins fine que celle du groupe B étrusque, le vernis passe d'un beau noir mat pour les productions du IIe siècle av. J.-C. à un marron-noir pour les productions du Ier siècle av. J.-C. Ce groupe correspond en grande partie à la dénomination antérieure de « B-oïde » proposée par J.-P. Morel. Les ateliers sont principalement situés à Cales (Campanie septentrionale), mais aussi probablement dans les villes voisines de Teano et Capua. Ces ateliers exportent abondamment vers l'Ouest jusqu'à la fin du Ier siècle, principalement entre 125 et 25 av. J.-C. Les plus récentes recherches, en particulier celles menées par Luigi Pedroni à Cales et par Albert Ribera à Valence (Espagne), ont montré que ce type est déjà exporté en occident, en Espagne surtout, à partir du milieu du IIe siècle av. J.-C. En Espagne, le groupe B de Campanie supplante la Campanienne A dès le début du Ier siècle av. J.-C. alors qu'il reste très minoritaire, même au Ier siècle, en Languedoc oriental et en Provence. Les formes Lamb. B 1 et F4753a sont une production spécifique du groupe B de Campanie. La décoration à losange caractéristique de la coupe Lamb. B 1 est caractéristique la production de Cales.

Dans les épaves, la Campanienne B ou du cercle de la B, est plus sporadiquement présente que la Campanienne A. Elle est représentée par quelques pièces appartenant aux dotations de bord ou par de petits lots appartenant à une cargaison complémentaire. Elle est principalement rattachable au groupe B de Campanie. A titre de comparaison, les quelques centaines de vases en Campanienne A de l'épave de la Madrague de Giens n’ont d’équivalent que la dizaine de pièces des épaves du Grand Congloué 2 ou du Titan.

Céramique campanienne C

Céramique Campanienne C
Vaisselle de table à vernis noir et à pâte céramique de couleur grise, produite en Sicile, surtout dans la région de Syracuse, dès le IIe siècle av. J.-C. et largement exportée par voie maritime, bien qu'en faibles quantités, au cours du Ier siècle av. J.-C.
Cette production doit à Nino Lamboglia sa définition et sa première classification, en 1952. Les formes sont souvent identifiées par l’abréviation Lamb. suivi d’un numéro parfois associé à des lettres. Cette typologie a ensuite été précisée et enrichie dans la classification, plus générale mais plus complexe, de Jean-Paul Morel publiée en 1981. N. Lamboglia avait rangé cette production parmi les « campaniennes universelles » en raison de sa très vaste diffusion et, surtout, en raison d’une méconnaissance des ses nombreuses imitations régionales, surtout en Gaule Méridionale et en Catalogne. De fait, pendant longtemps, toute céramique à vernis noir et à pâte céramique grise était souvent classé dans la catégorie Campanienne C. Aujourd’hui, on réserve la dénomination de Campanienne C aux seules céramiques produites en Sicile, caractérisées par une argile grise à cœur souvent noir-brun et recouvertes d'un vernis franchement noir et épais s'écaillant facilement. La partie inférieure des vases est rarement vernissée à l’extérieure. Le répertoire de formes de cette production est très restreint et seules deux formes sont bien attestées, la coupe Lamb. 1 ou l’assiette Lamb. 7, les autres restent très sporadiques.
La Campanienne C est exportée en Méditerranée occidentale surtout dans la seconde moitié du Ier siècle av. J.-C. Sa diffusion géographique est très large mais toujours en faibles, voire très faibles, quantités. Dans les épaves, cette production est présente très sporadiquement, avec quelques pièces appartenant à la dotation de bord ou avec de très petits lots associés à une cargaison plus importante de vaisselle céramique Campanienne A ou B.

Céramique luisante

Céramique luisantes Vaisselle de table portant un engobe argileux qui varie de l'orange-rouge au brun foncé à reflets métallescents, produite surtout en Savoie, du IIIe apr. J.-C. à la première moitié du Ve siècle ap. J.-C.

La Luisante (à pâte non-calcaire), définie en 1963 par N. Lamboglia, appartient au groupe des céramiques à revêtement argileux non grésé, cuites en mode A (c’est-à-dire avec une phase initiale réducrice suivie d’une post-cuisson oxydante) et fabriquées dans les régions alpines (Thonon-les-Bains, Annecy, Aoste, etc.). Le terme de Luisante caractérise plus spécifiquement les productions issues des ateliers de Portout et Conjux, en Savoie, qui ont été fouillés et publiés par J. et C. Pernon (Pernon, Pernon 1990 ; typologie : abrégée P suivie d'un numéro).
Cette céramique, à pâte fine, beige à orangée, se caractérise par un revêtement fin, mat ou semi-mat, généralement avec des reflets métallescents. Les décors sont guillochés et/ou parfois ocellés ; on rencontre également des décors de rinceaux peints en blanc. Plus rares sont les versoirs moulés en forme de mufle de lion qui ornent les mortiers. Le début de la production est daté des dernières décennies du IIIe apr. J.-C. ; elle se développe jusqu'au milieu du Ve siècle.
Le répertoire de la Luisante est constitué de coupes et d'assiettes, d'œnochoés ou cruches, de gobelets ovoïdes et de mortiers, souvent décorés par des mufles de lion. Les formes sont en partie apparentées aux céramiques sigillées gauloises et rhénanes.
La forme emblématique est la coupe carénée Lamb. 1/3 (= forme P37); la coupe, Lamb. 2/37 (= P27), est aussi très commune, comme d'ailleurs également le mortier Drag. 45 (= P40). Dans les épaves, cette production est présente très sporadiquement, avec quelques pièces appartenant à la dotation de bord. Elle est mieux attestée en revanche dans les dépotoirs portuaires de la Gaule sud-orientale.
Cette vaisselle a une diffusion limitée à l'angle nord-ouest de la Méditerranée : au-delà, sa diffusion est anecdotique.

Céramique à parois fines

Céramique à parois fines Vaisselle fine de table destinée à la consommation des boissons dont la principale caractéristique tient à l’épaisseur réduite, voire très réduite (un millimètre) de ses parois. Elles sont produites par un grand nombre d’ateliers de la Méditerranée, principalement en Italie, en Gaule et en Espagne, entre la fin du II siècle av. et le Ier siècle ap. J.-C.

Les parois fines doivent leur nom à Nino Lamboglia. Leur production débute en Italie centrale dans la deuxième moitié du IIe siècle av. J.-C., mais au Ier siècle que cette céramique connaît sa plus grande période de production et de diffusion. Le répertoire morphologique s’inspire des formes métalliques hellénistiques, avec des décorations de parois très variées, du simple polissage aux décors en relief complexe faits à la barbotine, en passant par des décors guillochés et des enduits sablés. La production de ces vases se réduit sensiblement vers la fin du Ier siècle ap. J.-C., peut-être à cause de la diffusion concurrentiel du verre soufflé. Il est souvent difficile, voire impossible, de déterminer une aire de production précise en l’absence d’analyses archéométriques. Les classifications principales et les plus utilisées pour ces vases sont celle de Maria Teresa Marabini (1973), qui n’était centrée que sur la particularité des formes étudiées dans la cité de Cosa (Etrurie méridionale) sans tenir compte des différents centres de productions ; celle de François Mayet (1975), fondée sur l’étude des exemplaires diffusés en Espagne, plus complète et qui tente d’identifier les différents centres de productions. Enfin, celle de Andreina Ricci (1985), publié dans l’Atlante delle forme Ceramiche, re-examine les travaux précédents et décline une typologie fondée sur les deux formes fondamentales : le gobelet (F. 1) et la coupe (F. 2). Toutes ces typologies sont aujourd’hui réunies et synthétisées dans le Dicocer Lattara 6, où le type est référencé par PAR-FIN suivi par un chiffre.
Les productions de Bétique se caractérisent par des décorations sablées, guillochés et à la barbotine avec comme éléments de décors récurrents les feuilles d’eau, les fougères, les perles et les écailles de pin. La pâte est fine, claire et les engobes orangés et brillants. La période de grande diffusion des parois fines de Bétique s’inscrit dans le Ier siècle apr. J.-C. Néanmoins, l’implantation d’ateliers en Gaule et notamment à Lyon semble freiner la diffusion au sein de vallée du Rhône et tend à restreindre leur commerce à la seule basse vallée du Rhône où cette catégorie est omniprésente dans les fouilles subaquatiques d’Arles, par exemple. Ces sont ces productions qui constituaient le fret complémentaire des produits exportés d’Espagne du Sud comme dans l’épave Port-Vendres II et Culip IV.

Céramique Sigillée

Vaisselle de table recouverte d'un vernis de couleur rouge, plus ou moins clair et luisant, produite par un grand nombre d’ateliers de la Méditerranée, d’abord au Proche-Orient (Ier siècle av. J.-C.) puis principalement en Italie centrale (Sigillée italique), en Gaule (Sigillée gauloise), en Espagne (Sigillée hispanique) et en Afrique septentrionale (Sigillée africaine), entre les années 40 av. J.-C. et le VIIIe siècle ap. J.-C.

Cette céramique fine est caractérisée par la teinte rouge de l'engobe obtenue grâce à l’application, par immersion, d’une couche d’argile très épurée et diluée et une cuisson du vase en atmosphère oxydante.
La partie du vase enduite devient entièrement rouge et se vitrifie. Le vernis ainsi obtenu assure l'imperméabilité du vase.
Elle trouve ses origines dans le Proche-Orient, au courant du IIe-Ier siècle av. J.-C., dans la production dénommée ESA (eastern sigillata A). Les vases portent souvent une estampille indiquant le nom de leur fabricant. Il s'agit d’un véritable sceau, sigillum en latin, qui est à l’origine du nom de cette catégorie céramique. Elle est caractérisée aussi par la présence de décors en relief, moulés, imprimés ou appliqués à la barbotine. Cette vaisselle, avec ses formes standardisées et ses décors stéréotypés, remplace complètement et rapidement celle à vernis noir, en s’imposant comme service de table caractéristique de l'Antiquité romaine dès l’époque d’Auguste (fin du Ier siècle av. J.-C.). Elle représente l’un des principaux fossiles directeurs pour les datations des couches stratigraphiques et l'un des meilleurs marqueurs chronologiques de la romanisation et du commerce de l'époque impériale. Les productions de céramique sigillée les plus diffusées et exportées, notamment vers la Méditerranée occidentale, sont la Sigillée italique, la Sigillée Sud-Gauloise, la Sigillée africaine et, dans une moindre mesure, la Sigillée hispanique.

Céramiques Sigillée Sud-Gauloise

Céramiques Sigillée Sud-Gauloise Vaisselle de table à vernis rouge produite par un grand nombre d’ateliers localisés dans la bande méridionale du Massif Central, entre l’Hérault et le Tarn, du 15 au IIe siècle ap. J.-C., largement et abondamment exportée et diffusée par voies maritimes et fluviales. Deux sont les centres de productions principaux connus : La Graufesenque et Montans.

Céramiques communes (n.f.)

Vaisselle utilitaire, d'usage courant, caractérisée par une prévalence de l’aspect fonctionnel sur l’aspect esthétique et par l’absence de vernis et de décors complexes.
On désigne par « céramique commune » des céramiques très variées, dont la pâte est plus ou moins épurée, non vernissée et non décorée. Elles sont produites dans de nombreuses régions de l’époque archaïque à la période Médiévale. L’absence de décorations, de vernis et la longévité des formes de ces céramiques fonctionnelles rendent souvent difficile l'élaboration d'une typochronologie. On doit à Nino Lamboglia la première tentative de classification de la céramique commune en 1950. Cette étude est suivie par celles du mobilier provenant d’importantes fouilles des années 1970 comme celles d’Ostie, de Cosa (Orbetello) et de Luni (La Spezia) en Italie. Les céramiques communes sont habituellement divisées par groupes fonctionnels : a) céramiques de cuisine ; b) céramiques de table ; c) céramiques pour la préparation des aliments. On peut ensuite subdiviser chaque groupe en fonction des formes et des types. A partir des années 1980, la classification morphologique est associée à une classification des pâtes. Elle se base sur le type d’argile utilisé et sur des éléments minéralogiques et organiques présents dans la pâte. Elle associe également parfois le type d’engobe ou la technique de cuisson. On parle par exemple de céramique commune oxydante micacée, de céramique commune kaolinitique, de céramique grise etc. Le croisement de la classification morphologique avec celle des pâtes, de plus en plus solidement étayé par les analyses archéometriques, permet d'identifier des groupes homogènes dont on peut déterminer l’origine/ la zone de production. Certains groupes fonctionnels, dont l’origine est facilement reconnaissable, ont été définis surtout par leur zone de production, comme par exemple la céramique africaine de cuisine, la céramique grise de la côte catalane ou la céramique commune punique. Contrairement à ce qu’on croyait dans un premier temps, même la modeste céramique commune a fait l’objet d’un commerce important dans l’Antiquité, en particulier à partir du IIe siècle av. J.-C. et à l’époque impériale. Certaines productions ont eu une diffusion très importante, comme la céramique africaine de cuisine, la céramique à vernis rouge pompéien ou la Pantellerian Ware.

Céramiques africaines de cuisine

Céramique commune Africaine Vaisselle d’usage courant liée aux activités culinaires, produite par différents ateliers de la côte d’Afrique du Nord, et très largement exportée pendant toute l’époque impériale.
Cette production comprend principalement des plats à cuisson, faitouts, marmites et couvercles. Elle est facilement reconnaissable par sa pâte de couleur rouge-orangé plus ou moins riche en inclusions de quartz ainsi que par son répertoire de forme assez standardisé. Les études récentes sur les ateliers nord-africains ont montré que la production de ces céramiques était le plus souvent complémentaire de celle des amphores. En 1950, Nino Lamboglia identifie cette production et en réalise une première classification suivi par celle de J.W. Hayes qui l’inclut dans sa typologie générale des productions tardives d’Afrique du Nord publiée en 1972 (les formes sont souvent désignées par son nom suivi d’un numéro). Rassemblée en 1981 dans l’ouvrage « Atlante delle forme ceramiche » (Atlante 1981), qui reste l’étude la plus complète de cette classe céramique, on y distingue traditionnellement trois catégories :

1) céramique culinaire apparentée à la céramique sigillée africaine A, surtout les plats de formes Hayes 23A et B et, probablement, une partie des plats Hayes 181, originaires du nord de la Tunisie dans la région de Carthage.
2) céramique culinaire africaine dite « polita a strisce » (à bandes polies, parfois en stries concentriques), marmites et couvercles de forme Hayes 181, 182, 184 et 185, probablement originaire de la région de Byzacène (Tunisie occidentale actuelle).
3) céramique culinaire africaine dite « a patina ceneronogliola e orlo annerito » (à patine cendreuse et bord noirci), marmites et couvercles Hayes 191-198, produits principalement dans le nord de la Tunisie mais aussi, comme les marmites Hayes 183, en Byzacène et en Tripolitaine (Libye septentrionale actuelle, région de Tripoli).

La diffusion des céramiques culinaires africaines dans le bassin méditerranéen commence au cours du Ier siècle ap. J.-C., connaît sa plus grande extension au IIe siècle et son apogée entre le IIe et IVe siècle ap. J.-C. Elle décline ensuite de manière nette à la fin du IVe - début du Ve siècle. La production se poursuit nénamoins jusqu’au VIe siècle ap. J.-C.

Céramiques communes étrusques

Coupes en céramique commune étrusque, épave de La Love, dessin B. Boulomié.
Production de vaisselle courante fabriquée en Etrurie (Toscane actuelle) et utilisée pour la préparation et la consommation des aliments.
La céramique commune étrusque est fabriquée dans des pâtes assez grossières, en général semblables à celles des amphores étrusques. Il s’agit d’une céramique montée au tour rapide qui présente une surface rugueuse, brute de toute finition. En Méditerranée nord-occidentale, étaient surtout exportées des urnes globulaires munies d’un couvercle qui pouvait servir également de coupe, et quelques mortiers à lèvre en bandeau. Toutes ces formes sont présentes dans l’épave de La Love à Antibes et on les retrouve en quelques exemplaires sur plusieurs sites du sud de la Gaule datés des VIe-IVe siècles av. J.-C., en particulier à Marseille, à Saint-Blaise (Provence) et à Lattara (Lattes, Languedoc Oriental).

Céramiques grises rhodaniennes

Céramiques communes grises rhodaniennes Ce terme regroupe l’ensemble des céramiques de cuisine de couleur grise à noire, sableuse, avec un dégraissant composé essentiellement de quartz, produite surtout dans la moyenne vallée du Rhone au Ier siècle ap. J.-C.
Ces céramiques sont enduites, dans certain cas, d’un engobe micacé. Si une cuisson réductrice suivi d'une post-cuisson réductrice demeure privilégiée, les potiers utilisent également une post-cuisson oxydante livrant des pâtes brunes voir orangées. Dans cette catégorie, les pots carénés constituent l’une des formes les plus diffusées dans la vallée du Rhône. Connus aussi bien en Ligurie qu’en Espagne, ces pots se caractérisent pas une carène haute, bien prononcée, un col lissé et une panse rugueuse. Utilisés aussi bien comme urnes cinéraires que comme pot à cuisson, ces formes sont attestées en Narbonnaise du Ier au IIe siècle ap. J.-C. L’apogée de la production semble toutefois se placer à l’époque tibérienne.

Céramiques communes kaolinitiques

Sélection de formes en céramique kaolinitique Production de vases à feu qui se distingue par la composition minéralogique de son argile, riche en kaolinite, un minéral argileux qui lui confère des propriétés particulières. Produite dans la moyenne vallée du Rhône, dans la Drôme et dans le Vaucluse, elle se caractérise par un vaste répertoire de forme, une diffusion importante et une longue période de production : du Haut-Empire au bas Moyen-Age.

Cette production, mise en évidence pour la première fois par Chr. Goudineau (1977), est facilement reconnaissable grâce à ses caractéristiques techniques et à l’épaisseur très réduite des parois des objets.

Les argiles kaolinitiques ont un caractère réfractaire prononcé, ce qui signifie qu'elles peuvent supporter, sans fondre, des températures de cuisson élevées. Pour cette raison, ce type d'argile est particulièrement résistant aux écarts thermiques importants et on les a utilisées depuis l'Antiquité pour la réalisation de céramiques à feu. Par ailleurs, la température de cuisson élevée augmente la résistance des vases aux chocs mécaniques, et permet par conséquent de réduire l'épaisseur des parois des objets, jusqu'à deux ou trois millimètres. On réalise ainsi des vases résistants tout en étant très légers. Leur composition chimique, généralement pauvre en oxyde de fer, associée à une cuisson réductrice suivie d'une post-cuisson réductrice, confèrent à cette céramique une gamme de couleurs très particulière. Le cœur des pâtes est souvent blanc farine, finement sablé. La couleur extérieure peut varier, sur une même pièce, du gris clair au noir - anthracite, en passant par des tons de gris et de bleus. Des craquelures grises ou bleuâtres peuvent apparaître en surface. Les vases à post-cuisson oxydante, moins communs, présentent une surface à ton rosé, lie de vin, jaune-orangé ou brun avec des formes analogues aux productions de teintes grises.

Les lieux de production se trouvent dans des zones où affleurent en abondance les argiles kaolinitiques et en particulier dans la moyenne vallée du Rhône, dans la Drôme et dans le Vaucluse. Ces productions perdurent du Haut-Empire au bas Moyen-Age. Durant l'Antiquité tardive et les périodes médiévale et moderne, des ateliers importants sont connus également dans l'Uzège (Gard).

Pour la période romaine, cette production a été mise en évidence par les fouilles menées par Chr. Goudineau sur le site d’une propriété privée de Dieulefit (Drôme).De nombreuses formes complètes sont publiées par ce même auteur dans la Revue Archéologique de Narbonnaise (numéros X et XI). Depuis, les différents répertoires de formes, la diffusion et la chronologie ont été précisés dans de nouvelles publications dont la plus exhaustive demeure le Dicocer.

La proximité des ateliers avec le Rhône a assuré une large diffusion à cette production, en particulier par les voies navigables. Elle est, par exemple, omniprésente dans le dépotoir du port fluvio-maritime d’Arles et on la retrouve dans plusieurs contextes portuaires de la Provence Occidentale mais aussi en Corse, par exemple dans les dépotoirs de l’Ile-Rousse et de Calvi.

Chaland (n. m.)

Terme générique désignant un grand bateau à fond plat employé sur les fleuves et les rivières.

Charpente longitudinale axiale (n. f.)

Shéma assemblage axe longitudinal - Dessin Rival, CCJ/CNRS, tiré de Pomey P. (dir.), Gianfrotta P. A., Nieto X. et Tchernia A. 1997, La Navigation dans l’Antiquité, éditions édisud, Aix-en-Provence. Partie axiale de la coque d’un bateau formé par l’ensemble quille-étrave-étambot.

Cheville (n. f.)

Tige de bois servant à assembler les diverses pièces de construction d’un navire.

Clapage (n. m.)

Le clapage désigne le rejet en mer de différentes substances (déchets, produits de dragages, sédiments, boue...). Il est généralement effectué à partir de bateaux spéciaux disposant d’une cale dont le fond peut s’ouvrir.

Compas (n. m.)

Instrument de navigation indiquant la direction du navire sur un axe horizontal. Cette direction est donnée en degrés, de 0 à 359, en fonction du Nord.

Connaissement (n. m.)

Document où sont consignés la nature, le poids et les marques des marchandises embarquées. Cette pièce est signée par le capitaine après réception des marchandises avec l’engagement de les remettre dans l’état, sous réserve de périls de mer, au lieu de destination.

Construction monoxyle-assemblée

Caractéristique de la construction navale fluviale gallo-romaine, mais perdurant jusqu’au XIXe siècle en Europe, une coque de type monoxyle-assemblée signifie la présence de bordés monoxyles de transition situés entre la sole et les flancs. Dans le cas de l’architecture monoxyle-assemblée, les bordés monoxyles de transition occupent une position déterminante dans la structure d’ensemble de la coque. En plus d’assurer la liaison entre le fond et les flancs et de participer à la rigidité longitudinale de la coque, ces éléments contribuent de façon essentielle à la conception générale de la géométrie de la sole et, plus globalement, à celle de l’ensemble de la coque.

Construction sur bordé ou dite bordé premier

Principes et procédés de construction - Dessin Rival, CCJ/CNRS, tiré de Pomey P. (dir.), Gianfrotta P. A., Nieto X. et Tchernia A. 1997,La Navigation dans l’Antiquité, éditions édisud, Aix-en-Provence.
Ce type de construction indique que le bordé est assemblé avant la mise en place de la membrure.


Caractéristique de la construction navale antique qui existe encore en certains endroits du monde.

Construction sur couple ou dite sur squelette

Ce type de construction indique que les couples sont posés sur la quille en premier lieu afin de recevoir le bordé.
Employé à partir de la fin de l’Antiquité, c’est le type de construction que l’on connaît habituellement aujourd’hui.

Construction sur sole

Ce type de construction, qui concerne les bateaux de navigation intérieure, signifie que la sole, soit le fond plat (sans quille), constitue la surface de référence à la construction. La sole représente alors la structure déterminante de la coque, à la fois du point de vue de la conception et à la fois du point de vue de la construction qui s’organise autour d’elle.

Coque (n.f.)

Composition de la coque d’un navire, d’après Arnold B., Batellerie gallo-romaine sur le lac de Neuchâtel, Tome 1 (Archéologie neuchâteloise 12), Éditions du Ruau, Saint-Blaise, 1992. Ensemble de la charpente d’un bateau et de son enveloppe extérieure.
La coque assure la flottabilité et l’étanchéité du bateau. Jusqu’à une époque relativement récente, les coques étaient exclusivement réalisées en bois. Grâce à l’évolution des sciences et des techniques, les coques sont maintenant construites en matériaux très variés (acier, aluminium, matériaux composites…), chacun étant plus ou moins adapté à tel ou tel type de construction.

Couple (n.m.)

Pièce courbe de la charpente transversale de la coque et montant de la quille au plat-bord. Voir schéma Coque ou Construction sur bordé

Demi-couple : Chacune des deux pièces courbes affrontées de part et d’autre de la quille pour constituer un couple.

Demi-couple outrepassée (n.m.) On parle de demi-couple outrepassé lorsque l’une des deux pièces formant le demi-couple dépasse l’axe longitudinal de la quille.

Courbe (n.f.)

Sur les embarcations fluviales, les courbes sont des pièces de charpente à deux bras qui forment un angle plus ou moins ouvert et qui permettent d’assurer la jonction entre le fond et le flanc.

Cuisson oxydante / cuisson réductrice

Les céramiques sont mises à cuire après séchage dans des fours plus ou moins élaborés. Les cuissons sont dites oxydantes lorsqu’elles sont réalisées en milieu non clos, riche en oxygène. Elles donnent des teintes claires, variables en fonction des terres utilisées, allant du beige au rouge vif. C'est l'oxygène qui oxyde le fer contenu dans la pâte.

Les cuissons réductrices sont réalisées en milieu clos, pauvre en oxygène. Elles donnent des teintes grises ou noires provoquées par la réduction des oxydes contenus dans la pâte. L'apport de carbone aboutit à une certaine imperméabilité des pièces de céramique.

Culasse (n.f.)

Partie arrière du canon d'une arme à feu, où a lieu l'allumage de la poudre pour la propulsion du projectile.

Culer (verbe intr.)

Terme de marine qui signifie "aller en arrière, reculer".


D

Davier ou rouleau d’entraînement (n.m.)

Rouleau en bois ou en fer, mobile autour d'un axe supporté par deux montants, et placé à l'avant ou à l'arrière d’un bateau et qui sert à filer les chaînes ou les câbles lors du mouillage des ancres.

Dendrochronologie (n. f.)

La dendrochronologie est une méthode de datation qui repose sur la mesure et l’étude des épaisseurs de cernes annuels de croissance du bois.
Exposés aux mêmes conditions climatiques, les arbres de même espèce répondent de manière similaire aux variations du climat, par la fabrication annuelle d’anneaux de croissance plus ou moins épais. Des groupes de cernes d’épaisseur particulière ou affectés de caractères anatomiques particuliers communs à différents arbres peuvent constituer des repères chronologiques caractéristiques permettant de les synchroniser. La datation par la dendrochronologie nécessite la comparaison visuelle et statistique des pièces analysées avec une chronologie de référence (ou référentiel). Celle-ci est construite à l’échelle d’une région, pour une période donnée et pour une même espèce ligneuse, à partir d’échantillons d’arbres vivants synchronisés à des échantillons issus d’arbres plus anciens. Les séries de cernes synchrones permettent ainsi, en fonction de la richesse du corpus disponible, d’obtenir une chronologie absolue pouvant remonter plus ou moins loin dans le passé. Dans certaines régions du monde, on dispose de chronologies longues de plusieurs milliers d’années.
Cette méthode, appliquée à l’archéologie, tente de déterminer la date d’abattage des arbres exploités par les sociétés humaines. A condition que ces bois n’aient pas été stockés ou réutilisés, celle-ci permet d’approcher la date approximative de la mise en place des structures ou de la fabrication des objets anciens. Dans les meilleures conditions de conservation des vestiges et à condition que le façonnage des pièces de bois n’ait pas entrainé la perte des derniers cernes, il est possible d’obtenir une datation absolue à l’année près. Les sections d’arbres recueillies sur les sites archéologiques étant souvent incomplètes, la datation n’est fiable qu’avec une incertitude chronologique variable.

Dendrologie (n. f., du grec dendro, arbre)

Science qui étudie les arbres. Appliquée à l’archéologie, l’archéodendrologie a pour objet l’étude des vestiges en bois façonnés par l’homme.
De l’arbre vivant à l’objet fini, le bois peut être défini de trois manières : un organisme biologique témoin temporel de l’écologie et du climat passés ; une matière première exploitée dans un environnement naturel ; un objet culturel façonné par l’homme. A l’interface entre sciences humaines et sciences naturelles, l’archéodendrologie a pour objectif général de définir les interactions entre les sociétés humaines et leur milieu forestier. Elle contribue ainsi à restituer l’histoire des techniques de travail du bois caractéristiques des pratiques culturelles anciennes aussi bien que les paléoenvironnements au travers de l’exploitation du matériau bois, de ses modes d’utilisation et de transformation.
L’archéodendrologie réunie plusieurs disciplines dont :
- la xylologie et l’anthracologie dont les analyses mènent à la détermination des essences ligneuses et de leurs propriétés ;
- la dendromorphologie qui définit la morphologie, la structure et la mise en œuvre des arbres au sein des objets archéologiques ;
- la tracéologie ligneuse qui analyse les traces d’origine anthropiques (outils, façonnage, etc.) ou biologiques (insectes, champignons, etc.) laissées à la surface du bois ;
- la dendrochronologie qui, par l’enregistrement de l’épaisseur des cernes annuels de croissance, contribue à la datation de l’abattage des arbres ;
- la dendroécologie qui cherche à mettre en évidence des événements écologiques liés, par exemple, au climat, à l’environnement ou à l’impact de l’homme sur celui-ci.

Dionysos

Personnage de la mythologie grecque : dieu de la vigne et du vin.
(en grec ancien Διώνυσος/ Diónysos) Personnage de la mythologie grecque, Dionysos est le dieu de la vigne, du vin et de ses excès. Il est également considéré comme le père de la comédie et de la tragédie. Fils de Zeus et d’une mortelle, Sémélé, il mène une enfance et une adolescence mouvementées à cause de la colère de Héra, l’épouse de Zeus. Il est élevé par les nymphes sous la direction de son père adoptif Silène. Il a été adopté par les Romains sous le nom de Bacchus.

Dolium (n. n., pl. dolia)

Différents types de dolia Les dolia sont des jarres de stockage en terre cuite de grande contenance, principalement utilisé pour stockage alimentaire. Ils se distinguent des autres catégories de céramique par leur grande capacité de stockage, leur pâte à dégraissants grossiers et leur fabrication aux colombins étirés. Considéré comme le plus grand conteneur en terre cuite jamais fabriqué par l’homme, sa capacité de stockage varie entre 500 et 3200 litres à l’époque romaine. Ils sont fabrique en plusieurs centres de productions de la Méditerranée entre le VIe siècle av. J.-C. et le IIIe siècle ap. J.-C.
À l’époque romaine, les dolia sont majoritairement employés dans les chais vinicoles et les celliers oléicoles pour la vinification et le stockage.
Omniprésent sur les sites terrestres d’époque romaine, les dolia étaient également utilisés comme citerne dans des navires spécialisées dans le transport du vin en vrac entre de la fin du Ier s. av. J.-C. et le milieu du Ier s. ap. J.-C. La taille et la forme de ce conteneur varient en fonction du temps et de l’espace. Les dolia les plus petits, et les plus anciens, présentent une capacité comprise entre 50 et 90 litres. C’est durant le Haut Empire que les dolia atteignent leur capacité maximale puisque désormais ils permettent le stockage de 600 à 3200 litres.

Dotation de bord / Mobilier de bord

On désigne par mobilier de bord ou dotation de bord, les objets et ustensiles liés à la vie quotidienne des marins à bord des navires. Cette dotation est principalement constituée d'objets de la vie courante tels que la vaisselle, des conteneurs pour stocker les aliments et l'eau, des lampes pour l’éclairage, des outils. En sont exclus les instruments de navigation et les éléments d'accastillage.

Le mobilier de bord doit ainsi être distingué de la cargaison du navire au sens où les objets de bords ne sont pas transportés en vue d'être commercialisés. Cette distinction est parfois difficile à établir à partir des données de fouilles archéologiques, notamment pour les épaves les plus anciennes, partiellement conservées et/ou pillées pour lesquelles nous ne disposons que d'une restitution tronquée de l'ensemble des objets embarqués.

Certains indices permettent de rattacher sans hésitation des objets à la dotation de bord : graffiti apposés par les marins sur leur vaisselle ou leurs effets personnels, traces d'usures, d'utilisation, comme les marques de passage au feu de cuisson, de réparation, qui témoignent d'un usage à bord. On attribue également souvent à la dotation de bord des objets ou des conteneurs présents en un seul exemplaire ou en petite quantité et qui se démarquent ainsi de la cargaison.

De même, les objets cultuels et notamment ceux relatifs aux pratiques propitiatoires liées à la navigation, font partie du mobilier de bord (statuettes, Thymateria/brûleurs d’encens, petits autels, astragali, etc).

La composition de la dotation de bord, lorsqu'elle est définie avec quelques certitudes, peut parfois donner des indications sur l'origine culturelle des membres de l'équipage ou sur les zones d'escales fréquentées par le navire au cours de ses voyages antérieurs. La concentration de ces objets en un point précis de l'épave peut parfois permettre de localiser l'espace de cuisine du bord.


E

Eduens

Peuple de Gaule celtique dont le territoire était situé entre la Loire et la Saône.
Ces deux axes de communication leurs permirent de développer une importante activité commerciale et de s'enrichir, notamment par la perception de droits de douane. Les éduens possédaient une grande influence en Gaule. Ils étaient dirigés par un chef, le vergobret, élu publiquement, pour un an, par un conseil géré par des druides.
Les éduens étaient alliés des Romains depuis de IIe siècle avant notre ère. Ces derniers les considèrent comme des "frères de sang" et César, dans son récit de la Guerre des Gaules, souligne la grandeur de ce peuple. Cette alliance permit aux éduens de bénéficier d'une aide militaire lors de conflits avec leurs voisins, les Séquanes et les Arvernes, notamment pour le contrôle des fleuves. En 58 avant notre ère, menacés par les Helvètes, les éduens font appel à Rome. Jules César et ses troupes pénètrent alors en Gaule. Lors de la guerre qui s'ensuit, les éduens restent, dans un premier temps, fidèles à leurs alliés. Cependant ils changent finalement de camps et s'allient à Vercingétorix après le siège de Gergovie. Suite à la défaite d'Alésia, Bibracte, la capitale éduenne, est peu à peu délaissée au profit d'une nouvelle place centrale, plus facile d'accès et construite dans un style romain, Augustodunum (l'actuelle ville d'Autun). Celle-ci devient un important centre économique et culturel.
Les éduens retrouvent leur statut privilégié auprès des Romains et, en 48 de notre ère, l'empereur Claude prononce un discours en faveur de l'intégration au Sénat de membres de l'élite gauloise. Les éduens sont les premiers à pouvoir y siéger.

Empennage (n.m.)

Ensemble de surfaces fixes et mobiles, souvent disposées à l'arrière d'un avion, permettant de maintenir la stabilité de l'appareil.
Pour la partie fixe, les surfaces verticales assurent la stabilité de la trajectoire tandis que les surfaces horizontales servent à éviter le tangage de l'avion. Les surfaces mobiles permettent de modifier l'équilibre afin de contrôler les virages, les montées et les descentes.

Emplanture (n.f.)

Schéma assemblage axe longitudinal interne - Dessin Rival, CCJ/CNRS, tiré de Pomey P. (dir.), Gianfrotta P. A., Nieto X. et Tchernia A. 1997,La Navigation dans l’Antiquité, éditions édisud, Aix-en-Provence. Massif en bois présentant une cavité dans laquelle vient se loger le pied du mât.
Il peut être rapporté ou intégré à la carlingue ou à une membrure. Dans la construction navale antique, la carlingue jouait souvent le rôle d’emplanture.

Engobe (n.m.)

Argile liquide appliquée sur des pièces de céramique pour lui donner un aspect brillant ou en dissimuler la couleur naturelle. A l'époque moderne cette argile liquide pouvait être colorée à l'aide d'oxyde et transparaissait sous la glaçure.

Enture (n.f.)

Assemblage par entailles de deux pièces de bois mises bout à bout.

Épigraphie (n.f.)

L'épigraphie est la science qui permet d’étudier les inscriptions.
Elle est dite lapidaire quand le support de ces inscriptions est en pierre.

Epissoir (n.m.)

Outil pointu, en bois ou en métal, servant à écarter les torons ou les brins d’un cordage pour réaliser une épissure (assemblage de deux cordages par entrelacement des torons).

Épontille (n.f.)

Pièce de construction verticale soutenant les barrots.

Estampille (n.f.) / Timbre (n.m.)

Estampille ou timbre sur le col d’une amphore de l’épave Sud Caveaux 1, Cl. F. Leroy / Drassm L’estampille est une marque apposée sur un objet.
Sur les amphores, cette marque, généralement imprimée avant cuisson, est plutôt nommée timbre amphorique. Leur étude permet d’obtenir d’importantes informations commerciales comme les lieux de production, les aires d’exportation, les zones d’importation, les timbres indiquent parfois le nom de l’exploitation viticole ou encore celui de l’atelier de production des amphores.

Etambrai

Ensemble des pièces de bois, qui, réunies, laissent un trou circulaire pour le passage des mâts.

Étambot (n.m.)

Pièce de construction plus ou moins verticale ou inclinée, de forme droite ou courbe, qui prolonge la quille vers l’arrière, fermant ainsi la carène au niveau de la poupe.
Voir schéma Coque ou Construction sur bordé

Étrave

Pièce de construction plus ou moins verticale ou inclinée, de forme droite ou courbe, qui prolonge la quille vers l’avant, fermant ainsi la carène au niveau de la proue.
L’étrave peut présenter une râblure de chaque côté destinée à recevoir les extrémités des bordages, à l’avant. Voir schéma Coque ou Construction sur bordé


F

Fourreau d'étambrai (n.m.)

Pièces de renfort disposées autour du passage du pied du mât, qui forment un puits destiné à le guider et le protéger.


G

Galbord (n.m.)

Schéma de construction du galbord  : Dessin Rival, CCJ/CNRS, tiré de Pomey P. (dir.), Gianfrotta P. A., Nieto X. et Tchernia A. 1997,La Navigation dans l’Antiquité, éditions édisud, Aix-en-Provence. Virure la plus basse du bordé située directement contre la quille.

Genoux (n.m.)

Pièce courbe de construction qui sert de liaison à deux autres qui se font suite en se chevillant à mi-longueur sur chacune d'elles, en particulier partie courbée d'une membrure, entre la varangue et l'allonge.

Gentilice (n.m.)

Du latin nomen gentilicium, le gentilice est la partie du nom se rapportant à la gens, la “ famille romaine ”. Il constitue un équivalent de notre nom de famille actuel. Il est intercalé entre le prénom (praenomen) et le surnom (cognomen) du citoyen romain.

Glaçure (n.f.)

Enduit vitrifiable que l'on applique sur certaines poteries pour les rendre imperméables et brillantes. Suivant sa composition elle prend des aspects différents : la glaçure au plomb est transparente et utilisée pour les poteries vernissées, la glaçure dite stannifère, opacifiée par l'adjonction d'oxyde d'étain, est utilisée pour les poteries émaillées.

Gournable (n.f.)

Longue cheville de bois utilisée, notamment, pour fixer les membrures sur le bordé.

Goudron (n.m.)

Goudron transporté dans une amphore, épave Sud Caveaux 1, Cl. L. Long / Drassm Le goudron, de l’arabe qatran, est un produit issu de poix de résineux quand il s’agit de goudron végétal. Utilisé mêlé à des fibres pour le calfatage des navires, c’est un agent d'isolation et d'étanchéité employé très tôt dans l’histoire maritime. Ses caractéristiques isolantes et hermétiques en font aussi un matériau de choix pour enduire l’intérieur de certains récipients comme les amphores à vin et à saumure de poisson. On dit alors que les amphores sont poissées.

Graffiti (n.m. pluriel, singulier Graffito)

Inscriptions ou dessins gravés à la pointe ou peints sur un support qui n'est à l'origine pas prévu à cet effet.

Les graffiti, pratiqués à toutes périodes sur différents supports comme les parois des grottes, les murs ou les objets, servent souvent à laisser une trace d'un passage en un lieu donné mais peuvent également avoir une fonction utilitaire lorsqu'ils sont apposés sur des objets de la vie quotidienne. Ces marques d'appropriation sont fréquemment retrouvées sur la vaisselle utilisée par les marins à bord des navires, où les propriétaires gravent à la pointe leur nom, leurs initiales ou un signe distinctif.

Gréément(n.m.)

Ensemble de ce qui est nécessaire à la propulsion des navires à voile (mâts, vergues, voiles, agrès, manœuvres).

Guillochis(n.m.)

Motif composé de lignes, de traits ondés, généralement en creux, qui s'entrelacent ou se croisent avec symétrie.


H

Halage (n.m.)

Mode de traction des bateaux fluviaux pour leur faire remonter le courant. Le halage consiste à tirer le bateau depuis la berge au moyen d'une longue corde fixée sur un mât placé au tiers avant de la coque afin d’éviter au bateau, le gouvernail aidant, de se rapprocher de la rive. Avant l’apparition du moteur, qui permet une traction des bateaux depuis la berge au moyen de tracteurs, le halage était humain ou animal. Sur le Rhône, le halage humain a perduré jusqu’à la fin du XVe siècle avant d’être remplacé par des chevaux. En France, le halage a totalement disparu dans les années 1960.

Hallebarde (n.f.)

Arme d'infanterie comportant un long manche en bois terminée par un fer pointu et tranchant, muni de deux ailes, l'une en pointe, l'autre en croissant de hache.

Hauban (n.m.)

Câbles placés de chaque côté du mât pour le maintenir vertical.

Hélice (n.f.)

Assemblage constitué de deux pales ou plus reliées à un axe. Une hélice permet de propulser un véhicule (avion, bateau...) ou de récupérer une énergie (lorsqu'elle est installée sur une éolienne par exemple).


I

Iconographie (n.f.)

L’étymologie du terme vient du grec ancien ikon, image, et graphein, écrire. Le terme est utilisé couramment pour désigner :
1) la description et l'interprétation d'œuvres appartenant aux arts visuels
2) l'ensemble des représentations d'un même sujet ou autour d'un même thème
3) l'ensemble des illustrations accompagnant une publication ou une exposition.

In planta pedis

in planta pedis Terme latin employé pour les estampilles lorsqu’elles s’inscrivent dans un cartouche en forme de pied humain.


J

Jas d'ancre

Ancre à jas de plomb, dessin M. El Amouri/Atlas PALM Pièce (fixe ou mobile) d’une ancre, située dans la partie supérieure de la verge et perpendiculaire à celle-ci, permettant une bonne prise des pattes sur le fond. Dans l’Antiquité, le jas d’ancre pouvait être en pierre, en plomb ou en fer.

Jolly Roger

Nom donné au pavillon pirate par les anglo-saxons.


K

Kiosque (n.m.)

Structure située sur la partie supérieure d'un sous-marin ou abri installé sur le pont d'un navire.
Le kiosque d'un sous-marin sert de passerelle lorsque celui-ci est à la surface. Sur un bateau, il permet de protéger les appareils de navigation et les marins en cas d'intempéries.

Kylix (pl. Kylikes)

Kylix en céramique étrusco-corinthienne découvert à Marseille (Place Villeneuve-Bargemon), Cl. Ph. Foliot/ CCJ-CNRSCoupe à deux anses horizontales (en grec ancien κύλιξ = kúlix)
Vase peu profond et évasé, soutenu par un pied, souvent avec une haute tige (surtout dans le monde grecque) et muni de deux anses horizontales juste au-dessous du col. Elle était utilisée pour boire du vin lors du symposium ou pour des libations. Les exemplaires grecs sont souvent décorés de scènes ou figures à l’intérieur de la vasque.


L

Lagynos (n.m., pl. lagynoi)

Bouteille avec une anse pour le vin
Vase pansu, avec un long col étroit et un petit orifice, généralement pourvu d’une anse et essentiellement destiné à contenir du vin. C’est un vase analogue aux carafes ou aux bouteilles actuelles, en usage dans les repas, et servant à verser directement le vin dans les coupes ou les verres. Ils pouvaient être en céramique ou en verre et garnis d'osier dans leur partie inférieure ; ils sont ainsi très proches du fiasco des Italiens d'aujourd'hui. D'après Athénée, le mot lagynos désignait également une mesure de douze cotyles (unité de mesure greco-romaine).

Lampe à huile (n. f.)

Ustensile fabriqué en céramique pour éclairer en utilisant une mèche trempée dans de l’huile d’olive.
Elle est constituée généralement par un réservoir qui contenait l’huile d’olive et une mèche en fibre végétale logée dans le bec et trempée dans l’huile pour permettre l’éclairage. Les formes et les décorations varient considérablement selon les périodes et les zones de productions.

Lance à eau (n. f.)

Outil permettant de projeter de l'eau sous pression.
La lance à eau se compose de quatre éléments. La motopompe est installée en surface. De sa puissance dépend la force de projection de l'eau. Elle est rattachée d'un côté à une crépine, qui aspire l'eau, et de l'autre à un tuyau souple (de type manche de pompier) qui achemine l'eau jusqu'à la tête. Cette dernière, souvent en laiton, est de forme conique et de diamètre inférieur à celui du tuyau. Elle permet d'augmenter la pression de sortie d'eau et d'orienter la direction du jet.
La lance à eau est à manipuler avec précaution en raison de sa puissance. Elle ne peut être utilisée sur des structures fragiles.

Lazaret (n.m.)

Un lazaret désigne un établissement où sont placées en quarantaine les personnes et les marchandises suspectées de véhiculer des maladies contagieuses.
Ce terme dérive du nom de Lazare qui fait référence au pauvre ulcéreux assis à la porte du mauvais riche dans la parabole de Luc (XVI, 19-31).

Lest (n.m.)

Le lest désigne un corps lourd ayant plusieurs fonctions possibles.
Placé au fond de la cale d’un navire et constitué de sable, de gravier ou de galets, il peut servir à stabiliser celui-ci. Plusieurs épaves sur la côte provençale attestent de cette pratique dès l’Antiquité. Il peut aussi s’agir de poids (pierres, plombs, etc.) utilisées par des plongeurs pour leur permettre de descendre sans trop d’effort sur le fond sous-marin.

Lutage (n.m.)

Système d’étanchéité des coques des bateaux en bois qui consiste à mettre en place un matériau d’étanchéité entre les joints des bordages avant leur réunion. Ce procédé est de tradition méditerranéenne et se distingue ainsi de celui du calfatage.


M

Magnetomètre (n.m.)

Appareil effectuant des mesures de l'intensité du champ magnétique.
La Terre possède un champ magnétique que détecte le magnétomètre. L'amplitude de ce champ varie lorsque des éléments, présents dans le sol, influent sur son intensité. Par exemple, la présence de structures maçonnées, moins magnétiques que le sol, ou de fours de potiers, dont les chauffes répétées ont transformé certains oxyde de fer en élément très magnétiques, ou encore la présence de tout objet contenant des métaux ferreux, modifient l'intensité du champ magnétique.

Mât (N.M.), Mât de halage (N.M.)

Longue pièce de section ronde placée verticalement sur le bateau entre le milieu et l’avant et destinée, selon le cas et de façon non exclusive, à recevoir une voile ou un câble de halage. L’emplanture reçoit le pied de mât et celui-ci est soutenu, au niveau du pont, par une caisse d’étambrai ou un banc de mât. Il est le plus souvent maintenu latéralement par des cordages appelés haubans. Un bateau peut avoir plusieurs mâts qui portent alors différents noms en fonction de leur emplacement et de leur hauteur : le grand mât est le mât le plus grand, le mât de misaine est placé en avant, le mât d’artimon en arrière et le mât de beaupré se trouve à la proue, très incliné vers l’avant.

Membrure (n.f.)

Ensemble des pièces courbes, en bois ou en métal, de la charpente transversale d’un navire, perpendiculaires à la quille et recouverte par le bordé.
La composition d’une membrure varie selon les époques et les types d’architecture. Composition pour l’Antiquité. À partir du Moyen âge, dans le cadre du système architectural "membrure première", une membrure se compose généralement d’une varangue, de deux genoux, de deux (ou plus) allonges. Voir schéma Coque ou Construction sur bordé

Mobilier (n.m.)

Ensemble des artefacts, ou objets fabriqués par l’homme, découverts sur un site archéologique. Le mobilier archéologique se compose ainsi de nombreuses catégories d’objets souvent distinguées par le matériau employé à leur fabrication : mobilier céramique, mobilier en verre, mobilier métallique, etc. Certaines de ces catégories, comme la céramique, constituent de bons marqueurs chronologiques et fournissent des éléments de datation des contextes de découvertes. Témoins de la vie quotidienne, des échanges commerciaux, des traditions culturelles et des savoir-faire, le mobilier archéologique est une source de première importance pour la connaissance historique.

Monoxyle (adj.)

Qui est fait d’une seule pièce de bois. Certaines pièces de construction d’un bateau, comme les flancs ou le mat, peuvent être monoxyles. De petites embarcations, comme les pirogues, peuvent entièrement réalisées dans une seule pièce de bois.

Mortaise (n.f.)

Entaille pratiquée dans l’épaisseur d’une pièce de bois et destinée à recevoir un tenon. Voir tenon et mortaise

Mortier (n. m.)

Récipient destiné à piler, broyer et triturer des aliments à l’aide d’un pilon pour des préparations de mets à base de mélanges d’épices. L’utilisation de mortier est caractéristique de l’influence méditerranéenne dans les préparations culinaires. Dotés le plus souvent de bec verseur, les mortiers conviennent également pour la préparation de sauces ainsi que pour la confection de produits médicinaux et de pigments.

Mouillage (n.m.)

Le mouillage désigne le fait de jeter (« mouiller ») au moins une ancre à la mer.
Cette pratique distingue généralement ces lieux de ceux où il est possible de s’amarrer c’est à dire de fixer une amarre à un quai, un appontement. Pour cette raison, le mouillage renvoie plutôt à une station en pleine eau ou sur une côte peu aménagée pour l’accueil des navires. Un site de mouillage présente, par conséquent, plutôt un caractère temporaire. Les îles de Riou, de la Ciotat ou d’Hyères fournissent, par exemple, des lieux de mouillage par temps de vent de sud-est. En cas de mistral, ces sites ne sont plus protégés. Les véritables ports peuvent aussi, si leur superficie le permet, fournir des espaces de mouillage afin de libérer de la place aux quais pour les manœuvres de (dé)chargement.

Muraille (n.f.)

Partie supérieure de la coque d’un bateau, depuis la flottaison jusqu’au plat-bord. Voir schéma Construction sur bordé


N

Navire (n.m.)

Un navire est un bateau de fort tonnage, généralement ponté et destiné à la navigation en pleine mer.


O

Œnochoé (n.f.)

Oenochoe : Oenochoe en bucchero nero, épave de La love. DRASSM Chope ou pichet à vin qui sert à puiser le vin dans le cratère (en grec ancien )
Vase à panse arrondie pourvu d'une seule anse utilisé pour contenir et verser le vin (du grec = vin et χέω = verser : « verser le vin »). Sa taille est généralement comprise entre 15 et 40 cm et sa forme la plus courante présente une embouchure trilobée et une anse verticale.

Œuvres mortes (n.f.)

Parties émergées d’un bateau.

Œuvres vives (n.f.)

Parties immergées (sous la ligne de flottaison) d’un bateau.

Olpè (n.f.)

Cruche en forme de poire avec un haut col en forme de trompette (en grec ancien = olpe)
C’est une variante de l’œnochoé, caractérisée par une forme moins pansue et une embouchure circulaire. Elle est utilisée pour contenir et verser le vin ou l’huile.


P

Pelle de gouverne ou rame-gouvernail (N.F.)

Sur les bateaux fluviaux, longue rame disposée dans l’axe de la poupe et qui sert à la diriger l’embarcation. Maniée par un seul homme, la pelle de gouverne fonctionne soit par rotation sur son axe, soit par large débattement latéral.

Pelvis (n.m.)

Grand bassin généralement utilisé pour broyer des grains ou d’autres aliments, moins grossier qu’un mortier.

Perche de sonde (N.F.)

Bâton utilisé sur les bateaux de navigation intérieure pour sonder le fond des rivières et des fleuves et en apprécier la hauteur d’eau et la nature du fond. Sur les bateaux de mer, cet instrument est remplacé par un plomb de sonde qui assure les mêmes fonctions.

Pierre de touche (n.f.)

Pierre qui était utilisée pour tester l’authenticité de l’or.
C’est une variété de jaspe noir dite « cornéenne lydienne », inattaquable à l'acide nitrique. Avec un touchau, instrument présentant plusieurs échantillons d'or à divers titres, et une dilution d’acide nitrique et d’acide chlorhydrique, il était utilisé pour tester si un métal était de l'or ou pas (en orfèvrerie ou monnayage). Dans ce procédé, dit le touchau, un essayeur strie légèrement la surface de la pierre avec l'objet d’or que l’on veut tester et réitère l'opération avec les échantillonnages du touchau. Sur toutes les traces obtenues de cette manière, appelées touches, on verse la solution d'acide nitrique qui attaque tout ce qui n’est pas de l’or. Pour l'argent, le procédé est le même, sauf qu’on utilise alors une solution de sulfate d'argent, puis de l'acide chromique.
Ce procédé de contrôle était déjà sûrement pratiqué au IIe siècle av. J.-C. et il est resté le plus employé jusqu'au XIXe siècle. Il s'agit d'un contrôle non-destructif qui est particulièrement utile lorsqu'il est difficile, ou impossible, de soustraire un échantillon de métal à l'ouvrage, comme dans le cas des bijoux.

Photogramétrie (n.f.)

Il s’agit d’une technique qui permet, à partir de plusieurs photographies, de restituer une vue générale et à l’échelle, parfois en 3D, d’un gisement. La forme et la position exacte mais aussi l’orientation et les dimensions des sujets sont ainsi enregistrées sur un même document graphique. L’évolution de la discipline permet d’obtenir aujourd’hui, en un temps record, une restitution 3D de vestiges sur lesquels les chercheurs pourront déplacer leur angle de vue. C’est en utilisant la vision stéréoscopique (comme la notre) que les reliefs peuvent être fidèlement restitués. Ainsi, l’utilisation de la photogrammétrie sur des gisements à grande profondeur tend à se développer pour quasiment se substituer aux travaux de dessins manuels (architecture navale, et chargement) difficilement réalisables par des engins automatisés.

Plat-bord (n.m.)

Bordage large et épais fixé horizontalement sur le sommet de la muraille d'un bateau.

Pompe de cale (n.f.)

Appareil destiné à évacuer, par élévation, l’eau accumulée dans les fonds d’un navire. Il s’agit d’un appareil destiné à évacuer par élévation l’eau accumulée dans les fonds d’un navire. Le type de pompe la plus fréquente dans l’antiquité est celle « à chapelet», même si la pompe à piston était également utilisée (par exemple elle est attestée dans les épaves du Lac de Nemi, Italie). La Pompe à chapelet est constituée de deux cylindres de bois situés dans la sentine du navire en positionne verticale, dans lesquels une série de petits disques en bois sont enfilés sur un cordage sans fin. Ces disques, d’un diamètre presque égal à celui de l’âme des cylindres, forcent l’eau acheminée en bas dans la sentine à s’élever. La rotation du chapelet est assurée par des galets situés entre les deux extrémités des cylindres et son entraînement s’effectue à l’aide d’une manivelle montée sur le galet supérieure.

Poix (n.f.)

Matière collante et visqueuse à base de résines ou de goudrons végétaux, utilisée pour assurer l’étanchéité d’un récipient ou d’un assemblage de différentes pièces. Chauffée pour être plus liquide, la poix était utilisée pour enduire la surface interne des amphores afin de les rendre plus étanche (amphores poissées pour le transport du vin ou des sauces de poissons). Mêler à des fibres végétales ou du textile, elle est également utilisée pour assurer l’étanchéité des bateaux (calfatage).

Pont (n.m.)

Plancher fermant tout ou partie de la coque d'un bateau, sur un ou plusieurs niveaux, pour couvrir la cale, ménager des étages, être un lieu de passage, supporter des équipements.

Preceinte (n.f.)

Virure de bordé plus épaisse destinée à protéger et à renforcer la muraille du navire. Voir schéma Construction sur bordé.

Prospection géophysique (n. f.)

Utilisation d'instruments de mesure pour détecter dans le sous-sol la présence de vestiges archéologiques. Ces instruments s'appuient sur des caractéristiques physiques de la Terre qui sont perturbés par la présence d'objets ou de structures dans le sol. Ils offrent, de manière plus ou moins détaillée, une vision de ces structures. Il est ainsi possible d'obtenir des cartes de localisation.
Il existe différentes techniques et principes physiques utilisés, parmi lesquels :
- La gravimétrie, qui étudie les champs de variation de la pesanteur. On utilise un gravimètre. Il est sensible aux variations de densité du sous-sol, permettant de détecter des cavités par exemple.
- La prospection magnétique, qui étudie les fluctuations du champ magnétique. On utilise alors un magnétomètre.
- La prospection électrique, qui étudie les variations de résistivité du sous-sol. Un résistivimètre mesure la difficulté avec laquelle un courant électrique pénètre dans le sol.
- La prospection électromagnétique, qui allie les paramètres magnétique et électrique. Plusieurs instruments permettent de faire ces mesures, dont le géoradar.
- La sismique marine, qui étudie la vitesse de propagation d'ondes acoustiques émises en surface. Des capteurs mesurent l'écho de ces ondes. On peut utiliser un sonar, un géophone ou encore un hydrophone.

Protomé (n.m.)

Élément de décors représentant la tête d'un animal, parfois accompagnée de sa partie antérieure.
Il peut également représenter un buste humain.

Poupe et proue (n.f.)

Partie arrière (poupe) et avant (proue) d’un navire. Voir schéma Coque.

Pyxide

Boite pour remèdes, fards ou bijoux.
(en grec ancien πυξίς, πυξίδος= puxis, puxidos) Petit vase en argile, en bois ou en os, de forme généralement cylindrique, bas et à fond plat et muni le plus souvent d’un couvercle. Objet généralement lié aux femmes, il sert de boîtier ou de coffret à bijoux.


Q

Quarantaine (n. f.)

La quarantaine est une mesure de précaution prise pour isoler un navire soupçonné de véhiculer une maladie contagieuse.
Son nom vient du fait que cet isolement, qui touche théoriquement aussi bien le navire, son équipage, ses passagers et sa cargaison, était fixé au départ à quarante jours. En Provence, c’est le non respect de la quarantaine du navire du Grand Saint Antoine qui est à l’origine de l’épidémie de peste qui a ravagé la ville de Marseille et ses environs en 1720.

Quille (n. f.)

Pièce maîtresse de la charpente axiale de la coque d’un bateau, à partir de laquelle sont montés les autres éléments de la coque, charpente transversale et bordé.
La quille est prolongée vers l’avant par l’étrave et, vers l’arrière, par l’étambot, l’ensemble formant la charpente longitudinale axiale du bateau. La quille permet d’assurer la stabilité du bateau en mer. Voir schéma Coque ou Construction sur bordé.


R

Rablure (n. f.)

Entaille faite dans la quille, dans l'étrave ou dans l'étambot et qui reçoit les pièces formant le bordé, de manière à avoir une surface lisse et à permettre le calfatage. La râblure est un point de faiblesse des bateaux en bois. Voir schéma Coque

ROV (n. m.)

L’acronyme ROV correspond à la formule Remote Operated Vehicle qui désigne tout véhicule commandé à distance.
Dans le cas de fouilles subaquatiques, un ROV est un engin submersible télécommandé, particulièrement adapté à l’exploration profonde dans la mesure où il autorise des prises de vue sans mettre en danger la vie des plongeurs. A ce titre, l’acronyme ROV est souvent perçu en français comme celui de Robot d’Observation Visuelle. Les fonctions d’un ROV sous-marin ne se limitent cependant pas à la seule prise de vue. Ce robot est également capable de saisir et de déplacer des objets, comme des amphores. Son champ d’application dans le cadre de fouilles archéologiques sous-marines profondes est donc étendu et de première importance.

Ribord (n.m.)

Seconde virure du bordé, comptées à partir de la quille et située après le galbord. Voir schéma galbord

.
S

Saumure (n.f.)

Préparation composée d'eau et d'une importante quantité de sel.
Des aromates y sont parfois ajoutés. La saumure permet la conservation de certains aliments comme la viande, le poisson ou encore les olives.

Sentine (n.f.)

Lieu le plus bas de la carène, situé au-dessus de la quille, où s’accumulent les eaux.

Silène

Personnage de la mythologie grecque : sorte de satyre.
en grec ancien Σειληνός / Seilênós) Personnage de la mythologie grecque, il est une sorte de satyre, un être à corps humain, à cornes et à pieds de bouc. Silène est le père adoptif et le précepteur du dieu Dionysos et il représente la personnification de l’ivresse. Avec d’autres divinités mineures, comme Comos (la bonne Chère) et Coros (la Satiété), il fait partie du cortège de Dionysos.

Situle (n.f.)

Récipient en forme de seau, servant à transporter l’eau ou d’autre liquide(du latin situla). Vase en forme de seau cylindrique ou renflé dans sa partie inférieure, à fond arrondi ou pointu, muni d’une anse. De grandes ou petites dimensions, ils étaient fabriqués dans toutes les matières, mais les plus connus sont en bronze, avec des décorations remarquables, et ils ont fréquemment une valeur rituelle. Il s’agit d’une forme très présente entre le VIe et le IVe siècles avant J.-C. en Europe centrale et en Italie du Nord.

Skyphos (n.m.)

Gobelet à deux anses, principalement utilisé lors des banquets (en grec ancien σκύφος = skuphos).

Vase assez profond et plutôt évasé, souvent sans pied ou avec un petit pied annulaire. Il est muni généralement de deux anses horizontales, insérées sous le bord ou au milieu de la vasque. Il était utilisé pour boire du vin lors du symposium ou pour des libations. Un type spécifique de skyphos, muni d’une anse horizontale et d’une verticale et toujours décoré d’une chouette, est dénommé Glaux (= chouette). Cette forme continue d'être produite en différents matériaux, comme le verre, l'argent ou le bronze, à la période romaine.

Sole (n.f.)

Caractéristique des bateaux fluviaux, la sole correspond au fond plat, dépourvu de quille ou de tout élément axial. La sole est constituée de planches, les bordages, disposées à franc-bord. Adapté à un espace de navigation en eaux intérieures – dont la contrainte principale est la hauteur d’eau réduite – le fond plat est une nécessité qui permet aux bateaux fluviaux de naviguer dans les eaux les plus basses, tout en portant un maximum de fret. En l’absence de quille, la sole représente la structure déterminante de la coque (voir construction sur sole).

Sous-marin (n.m.)

Navire conçu pour se déplacer sous l'eau. Il peut résister à une importante pression extérieure et atteindre de grandes profondeurs. Différents équipements lui permettent une grande autonomie sous l'eau, limitant ainsi les remontés à la surface.

Stratigraphie (n.f.)

exemple de coupe stratigraphique, fouille du bassin de la Bourse à Marseille, campagne 1970-1971 (archives Centre Camille Jullian © CCJ-CNRS) La stratigraphie est l'étude de la succession des différentes couches géologiques ou archéologiques qui composent un site. Ces couches, appelées Unité Stratigraphique (US) sont le résultat de l'accumulation de sédiments, de vestiges matériels humains, de restes fauniques ou végétaux, et de manière plus générale des traces des évènements passés sur un site donné. L'étude de ces Unités Stratigraphiques permet ainsi la caractérisation et parfois la datation de cette succession d'événements causés ou non par l'activité humaine. L'ordre et la disposition des couches, appelé Séquence stratigraphique, permettent d'établir une chronologie relative des événements, c'est-à dire de les dater les uns par rapport aux autres. La confrontation de cette chronologie relative aux divers éléments datant contenus dans certaines couches, comme la céramique, les monnaies ou d'autres éléments dont l'analyse offre une datation (appelés fossiles directeurs ou marqueurs chronologiques), permet d'établir les points d'ancrage d'une chronologie absolue.
L'étude stratigraphique, principe fondamental de l'archéologie contemporaine, implique une méthodologie de fouille et un protocole de relevés rigoureux et systématiques. Les couches ou Unités Stratigraphiques sont distinguées les unes des autres par leurs caractéristiques physiques (consistance, couleurs, composition, pendage, etc.) et par le mobilier archéologique qu'elles contiennent. Chaque US est documentée par un enregistrement détaillé par fiche, par des relevés en plan et en coupe et par des photographies. L'ensemble de cette documentation permet de mener l'étude stratigraphique même après la fouille des couches détruites pour accéder aux couches inférieures.
En archéologie sous-marine ou subaquatique, les études stratigraphiques sont moins courantes qu'en archéologie terrestre puisque les épaves sont des ensembles clos témoignant d'un évènement brutal et ponctuel. Toutefois, d'autres sites immergés comme les ports, les aménagements de berges, les dépotoirs, ponts, viviers, habitations sur pilotis etc., témoignent d'une occupation sur des périodes plus ou moins longues et livrent ainsi des séquences stratigraphiques équivalentes à celles que l'on observe à terre.

Submersible (n.m.)

Appareil permettant de se déplacer sous l'eau ou en surface. Son autonomie est cependant réduite et la présence d'une plate forme ou d'un navire à proximité est nécessaire. Un submersible peut être guidé soit de l'intérieur, par un pilote, soit de l'extérieur.


T

Taret (n.m., teredo navalis)

Mollusque marin, vermiforme, qui s’attaque au bois immergé. Xylophages (qui mange le bois), les tarets colonisent les éléments en bois qui séjournent dans l’eau de mer ou dans l’eau saumâtre et y creusent de nombreuses galeries. Les dégâts occasionnés par l’action des tarets sont considérables tant sur les navires en bois en cours d’utilisation que sur les épaves. Ils vivent dans les eaux peu profondes et plutôt tempérées, les épaves profondes ou des mers froides sont moins menacées par l’action des tarets.

Tegula (n.f., pl. Tegulae)

Tuile plate pour couvrir les toits, les plus souvent en terre cuite/céramique.
Les tegulae (pluriel de tegula) sont des tuiles plates avec des bords relevés pour empêcher la pluie de pénétrer dans les interstices latéraux et pour s'imbriquer avec les côtés des imbrices (des tuiles creuses semi-cylindriques), qui sont placées au-dessus des joints des tegulae. Cet ensemble forme ordinairement la couverture du toit, mais parfois il est aussi utilisé dans les sépultures de l’antiquité tardive, pour couvrir le corps inhumé. Les dimensions standards d'une tegula romaine sont de 45 cm sur 35 cm. Elles peuvent porter l’estampille du fabricant, normalement en lettres en relief.

Tenon (n.m.)

Extrémité d’une pièce de bois taillée de manière à s’introduire dans une mortaise.

Tenons et mortaises (assemblage)

Schéma assembalge tenons et mortaises : Dessin Rival, CCJ/CNRS, tiré de Pomey P. (dir.), Gianfrotta P. A., Nieto X. et Tchernia A. 1997, La Navigation dans l’Antiquité, éditions édisud, Aix-en-Provence.L’assemblage par tenons chevillés dans des mortaises, dit "à tenons et mortaises", est caractéristique de la construction navale antique. Dans ce cas, les tenons sont des pièces de bois mobiles qui peuvent aussi être appelés « languettes » ou « clefs ».

Tituli Picti (n.m.p. , sing. Titulus Pictus)

Du latin titulus (inscription) et pictus (peint), les tituli picti sont des inscriptions commerciales tracées à l’encre noire, ou rouge, sur les conteneurs de la période romaine, notamment sur les amphores ou les pots de transport. Constituant une sorte d’étiquette de produits, ces inscriptions sont disposées sur plusieurs lignes et mentionnent une série d’informations sur le conteneur et sur le contenu : poids de l’amphore vide, poids et nature du contenu, nom du commerçant exportateur et du domaine producteur, nom du préposé à la pesée, dates et références douanières, etc. Les tituli picti sont fréquemment présents sur les amphores de Bétique, en particulier sur les amphores à huile Dressel 20 (voir illustration des tituli picti) et sur les amphores à sauces de poissons.

Toupin (n.m.)

Le terme toupin désigne un vase de cuisson, destiné à chauffer les liquides, de taille variable et de forme plus ou moins ventrue.
L’usage du terme et de l’objet, toupin, est attesté dans les sources anciennes dès la fin du XIIIe siècle. Cependant, ce n’est qu’au XVe siècle que les toupins sont dotés d’une queue de préhension avec ou sans anse. Produit dans l’ensemble de la Provence et du Languedoc, le toupin se retrouve principalement sur les sites de consommations ou dans les batteries de cuisine à bord des navires.

Tourelle (n.f.)

Dispositif blindé et orientable abritant des pièces d'artillerie.
La tourelle peut être installée sur des chars, des navires ou des avions de guerre, ou encore à terre. Elle peut être automatisée ou nécessiter la présence d'une personne pour la manœuvrer.

Tourelle de plongée (n.f.)

Dispositif dont la pression interne peut être supérieure à la pression atmosphérique.
Elle résiste également à d'importantes pressions externes, permettant le transport de personnes à de grandes profondeurs. Un câble porteur la relie à la surface.

Trait de Jupiter (n.m.)

Schéma trait de Jupiter : Dessin Rival, CCJ/CNRS, tiré de Pomey P. (dir.), Gianfrotta P. A., Nieto X. et Tchernia A. 1997, La Navigation dans l’Antiquité, éditions édisud, Aix-en-Provence. Tracé d’assemblage en forme de zigzag.
Écart servant à réunir deux pièces de bois bout à bout et capable de résister à des efforts importants. La découpe complexe des surfaces suivant lesquelles s’assemblent les pièces, qui évoque la foudre de Jupiter, a donné son nom à cet assemblage très utilisé dans la construction navale antique. Une clef en bois dur vient le verrouiller.

Tribord

Partie du navire située à la droite d'un observateur tourné vers l'avant, vers la proue.

Tumulus (n.m., pl. Tumuli)

Terme latin utilisé pour désigner une butte artificielle ou un tertre, souvent de grande dimension, recouvrant une sépulture. Par extension, le terme tumulus est employé pour désigner toute butte artificielle constituée d’une accumulation volontaire ou involontaire d’objets ou de vestiges archéologiques. On parle ainsi de tumulus d’amphore pour une épave lorsque les amphores conservées de la cargaison constituent une éminence dépassant du sable alors que les parties hautes du bateau ont disparues.


U

Urinatores (n.m.)

Corporation professionnelle de plongeurs en apnée à l’époque antique.
Corporation professionnelle de plongeurs en apnée. Leur rôle était de récupérer des marchandises tombées à l’eau, par exemple dans les ports au moment du déchargement d’un navire ou à cause d’un naufrage. Nous savons, d’après les sources anciennes, qu’ils se remplissaient la bouche d’huile pour le rejeter sous l’eau pour y voir plus clair et qu‘ils étaient payés en fonction de la profondeur de la marchandise à récupérer.


V

Vaigre (n.f.) / Vaigrage (n.m.)

Les vaigres sont les pièces de bordage (le plus souvent mobiles) qui recouvrent la face intérieure des membrures. Le vaigrage est l’ensemble des vaigres constituant le plancher de cale d’un navire. Voir schéma Emplanture.

Varangue(n.f.)

Sur les bateaux de mer, pièce de membrure placée à cheval sur la quille et sensiblement symétrique par rapport à l’axe du navire. La varangue constitue la partie centrale d’un couple, et sa forme conditionne celle des fonds de la carène. Voir schéma Coque ou Construction sur bordé.
Dans la construction navale fluviale, les varangues sont des pièces de charpente placées transversalement et symétriquement par rapport à l’axe du bateau. Dans la batellerie du Rhône et de la Saône, les varangues sont appelées « épars » et dans la batellerie de la Loire, elles sont appelées « râbles ».

Varangue-emplanture (n.m.)

Varangue qui fait office d’emplanture : d’un gabarit plus important que les autres varangues, elle présente en son centre une cavité destinée à recevoir le pied de mât. Comme les autres varangues, la varangue-emplanture est nécessairement disposée de façon transversale par rapport à l’axe du bateau et elle se situe, le plus souvent, au tiers avant de la coque. Dans les bateaux de navigation intérieure, la varangue-emplanture est le plus souvent relation avec un mât de halage.

Virure(n.f.)

File de bordages (planches) s’étendant sur toute la longueur du bordé ou du pont. Voir schéma Coque ou Construction sur bordé.


X

Xylologie (n. f., du grec xylo, bois)

Science qui a pour objet l’étude du bois. L’étude de l’anatomie du bois, en particulier, conduit à la détermination des essences ligneuses.
L’identification spécifique d’un bois peut être réalisée à partir d’observations macroscopiques, à l’œil nu ou à la loupe, mais il faut procéder la plupart du temps à une analyse microscopique. Le bois possède une anatomie propre dont la structure est définie par l’organisation, la morphologie et la taille des éléments qui la composent. L’expertise micrographique que mène le xylologue ou l’anthracologue sur le bois fossile, gorgé d’eau ou carbonisé, consiste, par le biais de mesures et de descriptions rigoureuses, à définir ces caractères anatomiques. Les critères significatifs sont ensuite confrontés aux modèles des atlas d’anatomie du bois ou aux collections de référence de bois actuels, à l’aide de clés d’identification, pour mener à l’identification de l’espèce, du genre ou de la famille botanique selon la précision possible.
L’étude technique d’un bois consiste à en définir ses propriétés physiques, mécaniques et chimiques afin d’en apprécier ses qualités technologiques et ses aptitudes à divers usages. Des observations macroscopiques parfois complétées par un examen au microscope, aident à déterminer certains critères, comme la régularité ou la finesse des cernes, la texture, le grain, le fil, la densité, la dureté, la couleur ou certaines anomalies. Ceux-ci conduisent à la définition des propriétés et aptitudes du bois, comme le taux de retrait au séchage, la facilité d’usinage, les résistances à la flexion ou à la compression, etc.
En archéologie, les résultats de l’étude xylologique, confrontés à d’autres études paléoenvironnementales, peuvent contribuer, dans une certaine mesure, à améliorer notre connaissance de l’histoire du paléomilieu forestier et de son exploitation par l’homme. Menée conjointement à l’analyse archéologique des objets en bois, l’analyse anatomique et technique participe à la reconstitution de l’histoire des techniques des sociétés anciennes.


CREDITS



Les définitions du glossaire sont rédigées par l’équipe d’archéologues maritimes de l’Atlas PALM. Pour certaines d’entre elles, concernant des domaines de recherches particuliers, l’équipe PALM sollicite le concours de spécialistes extérieurs.



Glossaire

Equipe PALM

Collaborateurs

Architecture navale


Sabrina Marlier, avec la collaboration de Pierre Poveda

Patrice Pomey (CNRS-CCJ-UMR 7299)
Giulia Boetto (CNRS-CCJ-UMR 7299)
Eric Rieth (CNRS-Musée de la Marine)

Amphores et céramiques


Franca Cibecchini (amphores, céramique antique), avec la collaboration de Gaëlle Dieulefet (céramique médiévale et moderne), Charlotte Carrato

Michel Bonifay (CNRS-CCJ-UMR 7299)
Lucy Vallaury (CNRS-LA3M-UMR 7298)
David  Djaoui (MdAa)
Charlotte Carrato (Univ. Montpellier 3)

Autres définitions

Franca Cibecchini, Xavier Corré, Lucile Delavault, Mourad El-Amouri, Souen Fontaine, Sandra Greck, Florence Richez