Grand Congloué 1

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En bref...

Amphores et céramiques remontées sur le pont du bateau de fouilles (© Archives Drassm)

L'épave du Grand Congloué 1 se situe au pied d'un récif dangereux qui lui a donné son nom, au sud de la rade de Marseille. Ce navire de commerce transportait de nombreuses amphores à vin associées à de la vaisselle de table d'origine italique, datées entre les années 200 et 190 avant notre ère. Découvertes en 1948, cette épave, ainsi que celle qui la recouvre, firent l'objet d'une des premières fouilles sous-marines en scaphandre autonome.

Histoire du site

Vue de la colonne de déjection et du panier de récupération de l'aspirateur de sédiments à air (© Archives Drassm)

En 1948, Gaston Cristianini remarque un gisement de céramiques au pied de l'îlot du Grand Congloué. Il signale sa découverte en 1951. Une équipe de plongeurs, réunie par le Commandant Cousteau, entreprend sur le site une des premières fouilles archéologiques sous-marines de l'histoire, par 32 à 45 mètres de fond. De 1952 à 1957, les plongeurs vont remonter de nombreux objets et expérimentent les premières techniques de fouilles en milieu sous-marin. Ils mettent ainsi au point l'aspirateur de sédiments à air, outil principal sur les fouilles sous-marines. À l'issue des fouilles, des doutes demeurent face à la présence au sein du gisement d'objets datables de deux périodes différentes. S'agit-il d'une ou de deux épaves ?
La question n'est résolue que dans les années 1980. Des sondages, effectués par le DRASSM, ainsi que l'étude du journal des fouilles des années 1950, établissent la présence de deux épaves superposées. La première, appelée Grand Congloué 1, a fait naufrage dans les années 200-190 avant notre ère. La seconde, Grand Congloué 2, a coulé sur la première, dans les années 110-70 avant notre ère.
En 1991-1992, le gisement est à nouveau ouvert dans le cadre d’une campagne de prélèvements de bois, dirigée par le Centre Camille Jullian-CNRS et par l’Institut Méditerranéen d’Écologie et de Paléoécologie, pour effectuer des analyses dendrologiques.
La zone de l’épave et ses alentours, situés dans le périmètre du Parc National des Calanques et désignés sous le nom de « triangle Cousteau », sont interdits à la plongée et constituent une zone de protection archéologique.

Installation de la bigue pour le travail du chantier à terre. Amarrage du tuyau de l'aspirateur de sédiments à air (d'après Benoit 1961, p. 21)

Jacques-Yves Cousteau, ayant obtenu sa mise en disponibilité de la Marine Nationale, envisage, avec Fernand Benoit, Directeur des Antiquités, l'une des premières fouilles sous-marines. Leur projet est transmis à la Commission supérieure des Monuments Historiques et définitivement accepté le 13 août 1952. Deux jours plus tard commence la fouille du gisement du Grand Congloué. Elle va se dérouler jusqu'au 30 juin 1957 mais sera régulièrement interrompue puis reprise. Une infrastructure, installée sur l’îlot, sert de base et accueille la petite équipe de plongeurs parmi lesquels figurent plusieurs futurs grands noms de l'histoire de la plongée. La Calypso sert aussi parfois de base flottante.
Le gisement se situe au pied de l'îlot, sur un tombant. Le chargement s'est déversé sur une trentaine de mètres et a été partiellement recouvert de gros blocs tombés de la falaise, rendant difficile l'accès aux vestiges.
Afin de s'adapter au milieu sous-marin, alors inhabituel pour la réalisation de fouilles archéologiques, l'équipe de plongeurs met peu à peu au point différentes techniques et outils de travail spécifiques, encore utilisés aujourd'hui. L'emploi d'un aspirateur de sédiments à air, aussi appelé « suceuse » ou « monstre du Lochness », en est la nouveauté la plus emblématique. Il permet de dégager des sédiments un grand nombre d'amphores ainsi que différents types de céramiques et de nombreux objets en vue de les remonter à la surface. Afin de récupérer les fragments et objets les plus petits, un tamis est placé à l'extrémité de la suceuse, en surface.
Malgré ces nouveautés, la fouille mit en exergue de nombreuses difficultés liées au milieu, comme le ré-ensablement progressif du site modifiant son aspect et les repères. La nécessité d'avoir recours à une méthode de fouille minutieuse avec un dévasage couche par couche, des relevés réguliers et précis, une appréhension de l'ensemble du site avant toute intervention destructrice, est révélée au cours de cette expérience de fouilles sous-marines. Les obstacles rencontrés face au milieu et à la complexité du site ainsi que la méconnaissance des techniques et méthodes à employer laissent des lacunes et des questions sans réponses précises, ou erronées, concernant la compréhension du gisement à l'issue des opérations. Le problème majeur est celui de la présence au sein d'un même gisement d'objets datés de deux périodes différentes. Fernand Benoit explique ce problème par des erreurs dans la typo-chronologie pré-établie tandis que d'autres archéologues, tels qu'Émile Thévenot et Elizabeth Lyding-Will, émettent dès 1956 l'hypothèse de la présence de deux épaves superposées. La question demeure irrésolue jusqu'aux années 1980.
Un sondage, effectué par le DRASSM en 1980, sous la direction de Luc Long, sur les restes du gisement, met en évidence deux zones distinctes regroupant chacune un lot chronologiquement homogène d'amphores et de céramiques. Le premier, situé au nord-est du gisement, peut être daté des années 200-190 avant notre ère tandis que le second, situé au sud-ouest, renferme du matériel datable des années 110-70 avant notre ère. Cette observation      est complétée par Luc Long en 1987 suite à l'étude du journal de fouille de Fernand Benoit. Celui-ci fait état de la découverte d'une structure de bois, doublée de feuilles de plomb, séparant nettement les deux ensembles de matériel chronologiquement distincts. Cette structure fut, à l'époque des fouilles, interprétée comme le pont d'un seul et même navire. Or, sa description ainsi que sa position dans le gisement correspondent en fait à la carène d'une seconde épave, recouvrant le chargement de la première. Le gisement est donc composé de deux bateaux ayant fait naufrage à environ un siècle d'intervalle.

Cargaison, mobilier et vie à bord

Lot de céramiques à vernis noir (© Archives Drassm)

Environ 400 amphores italiques hellénistiques ont été découvertes sur l'épave Grand Congloué 1. Une quarantaine d'amphores grecques les accompagnaient. L'ensemble de ces amphores témoigne des prémices du commerce du vin italien, accompagné de quelques amphores à vins grecques, en Méditerranée occidentale au tout début du IIe siècle avant notre ère.
Un important lot d'environ 7000 céramiques à vernis noir campaniennes A complète ce chargement. Trois lampes à huile campaniennes, des fragments de balsamaires, dont les décors permettent de les rapprocher des productions d'Ischia, et de vases à parois fines et à pâte grise ont également été découverts.
La majeure partie de ces objets semble avoir été fabriquée dans la région de Naples, peut-être le point de départ du navire. Ce dernier faisait probablement route vers les côtes méditerranéennes gauloises et plus précisément vers Massalia/Marseille.
L'ensemble de ce matériel permet de dater le naufrage entre les années 200 et 190 avant notre ère.

Lot de céramiques à vernis noir (© Archives Drassm)

La plupart des amphores découvertes sur l'épave Grand Congloué 1 correspond au type gréco-italique. Deux tailles différentes ont été observées. Les plus grandes mesurent entre 0,88 et 0,90 mètre et pouvaient contenir 25 à 26 litres. Les plus petites, appelées demi-amphores, mesurent 0,63 mètre pour une contenance de 12 litres. Seul un timbre a été découvert sur un fragment d'anse appartenant à une amphore de ce type. Les autres ne sont pas timbrées. Les lettres TI.Q.IVENT(I) étaient imprimées dans un cachet de forme rectangulaire. Elles renvoient à deux frères, Ti(berius) (et) Q(uintus) I(u)venti(us), issus d'une grande famille de l'époque républicaine signalée en Campanie, les Juventii. Des traces de poix observées à l'intérieur de ces amphores indiquent qu'elles contenaient très probablement du vin. Des fabriques d'amphores gréco-italiques ont été découvertes en Campanie et le vin contenu dans les amphores retrouvées sur l'épave Grand Congloué 1 pourrait avoir été produit dans cette région. Une origine sicilienne de ces amphores a également été avancée. D'autre part, l'une des amphores gréco-italiques a été découverte encore bouchée. Quatre ronds sont imprimés sur l'opercule mais aucun caractère n'est visible.
Une quarantaine d'amphores grecques, contemporaines des amphores gréco-italiques, ont également été découvertes sur l'épave Grand Congloué 1. Une trentaine de ces amphores sont originaires de Rhodes. Elles se répartissent en deux groupes en fonction de leurs dimensions. Les plus grandes, avec douze exemplaires, mesurent 0,80 mètre. Les plus petites font 0,49 mètre de haut et 16 exemplaires ont été retrouvés. Onze timbres en lettres grecques sont imprimés sur des anses appartenant aux amphores de grandes dimensions et une petite marque carrée, peu visible, est présente sur le coude d'une anse appartenant à une amphore de petites dimensions. Deux amphores de Cnide et un col d'amphore à rapprocher du type de Chios ont également été découverts.
Ces amphores grecques étaient enduites, à l'intérieur, de poix et devaient contenir du vin. Ainsi, au IIe siècle avant notre ère, du vin grec était commercialisé en Gaule et accompagnait le vin italien, mais en quantité moindre. 

Environ 7000 pièces de céramique à vernis noir campanienne A ont également été découvertes sur l'épave Grand Congloué 1. Il s'agit en majorité de coupes, mais aussi de coupelles, d'assiettes, de gobelets, de bols, de guttus, d'olpés et d'un oenochoé. Ces céramiques se répartissent en une trentaine de groupes en fonction de leur forme et de leurs dimensions, certains modèles se déclinant en plusieurs tailles. On retrouve sur cette épave presque toutes les formes produites à Naples dans cette période, comme les assiettes Lamboglia 23 et 36, Morel 68, les coupes et coupelles Lamboglia 25, 27, 28, 34, 33, 31 et les coupes à deux anses, ou des formes plus rares comme la bouteille Lamboglia 59 ou le guttus Lamboglia 45.
Des graffites étaient gravés sur quelques exemplaires de céramiques à vernis noir campanienne A. Certains sont en latin et d'autres en grec. Ils ont été réalisés après cuisson et peuvent marquer l'appartenance de ces pièces à des membres de l'équipage dans le cadre d'une utilisation quotidienne.
Quelques objets supplémentaires témoignent de la vie à bord du navire. Il n'est cependant pas possible de préciser leur appartenance à l'une ou l'autre des deux épaves du gisement du Grand Congloué. La découverte d'hameçons et de plombs de pêche, certains renfermant encore un petit morceau de fil de chanvre, attestent de la pratique de la pêche. Une alène, notamment utilisée pour la réparation des voiles, ainsi qu'une hache et une pierre à aiguiser ont également été découvertes. Par ailleurs, la présence et l'utilisation à bord de deux coffres en bois, blindés de plomb, demeurent énigmatiques.

Le bateau et son gréement

Vue en coupe de la carène (relevé Ch. Lagrand dans Benoit 1961, p. 15)

Différents éléments d'architecture navale ont été découverts. Il s'agit de membrures, de planches de bordé, de varangues et d'une quille à double râblure. Le bordé, double, est assemblé par tenons et mortaises. Le fond de carène est recouvert de feuilles de plomb fixées aux planches du bordé extérieur au moyen de clous en cuivre.
Les descriptions effectuées lors des fouilles, se basant sur la présence d'une seule épave, rendent aujourd'hui difficile de préciser l'appartenance de ces pièces de bois à l'une ou l'autre épave du gisement du Grand Congloué.
La réouverture du gisement pour les prélèvements d'échantillons de bois a mis en évidence la dégradation des vestiges. Différentes essences ont pu néanmoins être identifiées : le pin parasol, le pin d'Alep, le pin sylvestre, le sapin, ou encore le chêne.
Une série d'objets appartenant au gréement a également été retrouvée mais ceux-ci ne peuvent être assurément rattachés à l'une ou l'autre épave. Deux jas de plomb appartenant aux ancres ainsi qu'une barre de schiste ont été découverts. Une centaine d'anneaux, de différents diamètres, et des sections de tuyaux en plomb complètent cet ensemble.

Lieux d'exposition du mobilier

Musée des Docks Romains - 10 Place Vivaux - 13002 Marseille
Tél : 04 91 91 24 62

Musée d'Histoire de Marseille - 2 Rue Henri Barbusse - 13001 Marseille
Tél. : 04 91 55 36 00

Pour le dépôt de conservation du mobilier, s’adresser au DRASSM.

 

Quelques curiosités

Mis au point en 1943 par le Commandant Cousteau et l'ingénieur des Mines, Émile Gagnan, le scaphandre autonome, d'abord essayé par Frédéric Dumas, est à l'origine de la démocratisation de la plongée sous-marine. Il a permis la réalisation de la fouille archéologique du gisement du Grand Congloué et a largement favorisé le développement de cette discipline.

Parmi l'équipe réunie par le Commandant Cousteau se trouvaient plusieurs pionniers de l'histoire de la plongée : Frédéric Dumas, Henri-Germain Delauze, qui fondera la Comex (Compagnie Maritime d'Expertise) en 1961, Yves Girault, l'inventeur des premiers signes de plongée, Armand Davso, technicien qui mit au point avec J.-Y. Cousteau et André Laban les caméras sous-marines étanches ayant servi lors du tournage du film Le monde du silence en 1955, ou encore Georges Beuchat, co-fondateur de la FFESSM en 1948 et fondateur de l'industrie subaquatique française. C'est ce dernier qui présenta son ami Albert Falco au Commandant Cousteau à l'occasion des fouilles menées au Grand Congloué.

Pays France
Aire marine protégée Parc national des Calanques
Département Bouches-du-Rhône
Commune Marseille
Lieu-dit Au sud de la rade de Marseille
Code EA 20223
Nature du site Épave de navire
Chronologie Antiquité
Indicateur de période Céramique
Structures Coque
Mobilier Amphores : Amphores gréco-italiques ; amphores grecques ; amphores de Cnide
Céramiques : Céramique à vernis noir campanienne A ; lampes à huile campanienne ; balsamaire ; vases à parois fines
Autre : Jas de plomb ; anneaux et sections de tuyaux en plomb
Lieu d'exposition Musée des Docks Romains, Marseille ; Musée d’Histoire de Marseille, Marseille
Contexte Géologie : sable
Situation : immergé
Profondeur : - 40 m
Historique des recherches Déclaration : 1951 - Gaston Cristianini
Expertise:
Opérations: 1952-1957 - fouilles programmées (resp. scientifique : François Benoit)
Commentaires

Bibliographie essentielle

  • BENOIT Fernand, L'épave du Grand Congloué à Marseille, Éd. CNRS, Gallia supplément 14, Paris, 1961, 210 p.
  • BRUN Jean-Pierre, POUX Mathieu, TCHERNIA André, Le Vin : nectar des dieux, génie des Hommes. Catalogue d'exposition, Musée archéologique Lattara (Lattes, 5 décembre 2009 - 27 juin 2010), Gollion, Montpellier, 2009, 371 p.
  • LONG Luc, Les épaves du Grand Congloué : étude du journal de fouille de Fernand Benoit, Archaeonautica, n° 7, 1987, p. 9-36.

Pour approfondir


Photos

Amphores et céramiques remontées sur le pont du bateau de fouilles (© Archives Drassm) Vue de la colonne de déjection et du panier de récupération de l'aspirateur de sédiments à air (© Archives Drassm) Amphore gréco-italique (© Archives Drassm) Vue en coupe de la carène (relevé Ch. Lagrand dans Benoit 1961, p. 15) Vue du chantier de fouille avec colonne de l'aspirateur de sédiments à air (© Archives Drassm) Amphore gréco-italique (© Archives Drassm) Profil d'une amphore gréco-italique (© Archives Drassm) Amphore gréco-italique (© Archives Drassm) Lot de céramiques à vernis noir (© Archives Drassm) Coupe en céramique à vernis noir campanienne A (© Archives Drassm) Coupe en céramique à vernis noir campanienne A (© Archives Drassm) Deux coupes en céramique à vernis noir campanienne A (© Archives Drassm) Lot de céramiques à vernis noir (© Archives Drassm) La Calypso au-dessus du chantier de fouilles (d'après Benoit 1961, p. 9) Coupe du site de fouille d'après les relevés de J.-Y. Cousteau et F. Dumas (d'après Benoit 1961, p. 11) Installation de la bigue pour le travail du chantier à terre. Amarrage du tuyau de l'aspirateur de sédiments à air (d'après Benoit 1961, p. 21) Baraquement pour l'hivernage sur le récif (d'après Benoit 1961, p. 21) Amphores de Rhodes de deux dimensions (d'après Benoit 1961, p. 29) Amphore de Cnide (d'après Benoit 1961, p. 32) Amphores rhodiennes de deux dimensions (relevés L. Ducaruge, P. Pironin, Y. Rigoir, d'après Benoit 1961, p. 33) Amphore cnidienne (relevés L. Ducaruge, P. Pironin, Y. Rigoir, d'après Benoit 1961, p. 33) Amphores gréco-italiques de deux dimensions différents (d'après Benoit 1961, p. 35) Amphores gréco-italiques de deux dimensions (relevés L. Ducaruge, P. Pironin, d'après Benoit 1961, p. 37) Coupe à deux anses en céramique à vernis noir campanienne A (relevé P. Pironin, d'après Benoit 1961, p. 81) Gobelet à deux anses en céramique à vernis noir campanienne A, avec graffite en grec (d'après Benoit 1961, p. 81) Planche du matériel découvert sur l'épave (d'après Long 1987, p. 12) Schéma du mode de rangement des amphores gréco-italiques (d'après Benoit 1961, p. 166) Feuille de plomb du doublage de la carène avec emplacement des clous pour la fixation (relevé Ch. Lagrand dans Benoit 1961, p. 171) Jas d'ancre en plomb (relevé Y. Rigoir dans Benoit 1961, p. 171) Organeaux et anneaux de plomb (relevés Ch. Lagrand dans Benoit 1961, p. 176) Pesons de filet (relevés Ch. Lagrand dans Benoit 1961, p. 177) Plomb de sonde (relevé Ch. Lagrand d'après Benoit 1961, p. 177) Vue de deux lampes (d'après Benoit 1961, p. 110) Vue sous-marine de fragments de bois in situ (© Archives Drassm) Représentation des vestiges de bois observés en place en 1980 (dessin L. Long, d'après Long 2004, p. 150 © L. Long/DRASSM)